Tragédie du lac Mégantic au Québec : un défi de solidarité

La communauté de Lac Mégantic a connu un terrible drame le 6 juillet dernier, alors qu’un convoi de trains transportant du pétrole brut, a déraillé sur la voie ferroviaire du centre ville. Le feu a détruit le coeur historique de la ville et fait 47 victimes décédées : 2 enfants, des jeunes adultes, des travailleurs dans la force de l’âge et des personnes plus âgées.

Le curé de la paroisse Ste-Agnès, l’abbé Steve Lemay a vécu les évènements avec le peuple, les Méganticois. Dès les débuts, il a partagé leurs souffrances, leur deuil, leurs peines puisqu’il demeurait lui-même sur le territoire de l’Eglise du lieu. Il a été épaulé par 300 bénévoles pour offrir accueil des personnes, écoute, soutien et assurer un accompagnement. L’organisme de la Croix Rouge, les équipes de policiers et de pompiers répondaient aux besoins de survie de la population. Des représentants des différents gouvernements sont venus constater l’ampleur des dégâts et exprimer leurs sympathies et leur soutien.
 
Après trois semaines écoulées, le curé a senti que le moment était venu de prendre ensemble un « premier temps d’arrêt » et de proposer une Messe commémorative pour donner un sens à cette tragédie. En préparant son homélie il disait : « Notre ville a le cœur dévasté et pleure ses enfants. Il n’y a pas de paroles pour donner du sens à pareil évènement, à tant de souffrances. Par contre pour moi, ce qui a beaucoup de sens c’est ce que je vois depuis la tragédie. Je vois des gens à l’œuvre poussés par une force exceptionnelle…… » A ses yeux, les gestes d’entraide, de fraternité, d’accueil, d’écoute, de partage et de solidarité sont autant de « démonstrations de l’amour » qui animent les résidents de Lac Mégantic que le « train de la mort » qui a enlevé la vie de ces 47 personnes et bouleversé celle de centaines d’autres. «  La mort ne peut rien contre l’amour……l’amour peut faire triompher la vie. Personne ici ni ailleurs, ne peut relever les morts et les redonner à ceux qui les aiment comme Jésus l’a fait naguère à Naïm. Cependant en nous ouvrant à la force et à l’amour que l’’Esprit-saint nous communique, nous pouvons tous faire triompher la vie ».
Sur place, les dernières carcasses de wagons-citernes avaient été retirées du site à temps pour la messe commémorative. Les véhicules laissaient derrière eux une plaie béante au milieu de la municipalité. Désormais, le champ souillé de pétrole brut « coupe en deux » les résidants des paroisses de Sainte-Agnès et de Fatima.
Pour nous Petites Soeurs de l’Assomption, l’Eglise du Québec, cette tragédie a représenté un deuil national et a habité nos jours de tristesse et de compassion pour les familles éprouvées, endeuillées et souffrantes. Quotidiennement, l’heure des « Nouvelles » nous rassemblaient et nous apportait des informations et développements sur les travaux de recherche des survivants. Beaucoup de questions montaient en nous, en même temps qu’une indignation et certaine colère quant aux responsables d’un pareil évènement. Chaque jour avec les Méganticois, nous attendions inlassablement des réponses de la part de la Sécurité du Québec et du Bureau de la sécurité des Transports. 
 
Nous avons pu voir le chemin d’une Eglise discrète, présente « de l’intérieur » à la communauté et à chaque personne, qui a vu de ses yeux une espérance de vie dans la force qui habite les résidents de Lac Mégantic. 
 
Notre foi est PRIÈRE , INTERCESSION, COMPASSION, SOLIDARITÉ et ESPÉRANCE pour ce PEUPLE.
 
Par les Soeurs Madeleine et Mireille, Petites Soeurs de l’Assomption
 
02/09/2013
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