Témoignage de Soeur Anne-Marie

La vieillesse est le plus beau temps de l’action de grâces. On a tout reçu de l’amour de Dieu, et Il nous a aidées à tout surmonter.

Je suis une des Petites Soeurs de l’/\ssomption qui vivons en Maison de retraite avec des laïcs.
Nous avons travaillé toute notre vie dans les familles, avec les plus démunis, pour essayer de témoigner de Celui qui nous fait vivre : Jésus-Christ... Maintenant à 80, 90, 100 ans, nous nous retrouvons avec le même désir : être une présence signifiante là où nous sommes, de Celui auquel nous devons tout.
 
Pour témoigner, il faut vivre ; ce n’est pas par ce que nous disons, c’est ce que nous sommes qui peut être un témoignage. Nous apprenons peu à peu à vivre avec nos limites, nos impuissances, nos impossibilités. Maintenant nous cessons d’être efficaces ; nous essayons seulement de faire les petites choses qui sont encore à notre portée, selon nos moyens.
 
Ce retrait du "faire" nous a fait rencontrer un Christ qui nous conseille "d’oser notre vieillesse". C’est un Christ pauvre, libre, joyeux. Un Christ qui a voulu être "un pauvre". 
Actuellement, nous sommes aussi vraiment des pauvres : pour certaines, nous avons perdu la mémoire, parfois la tête, nous perdons aussi nos jambes, nos pieds, nos yeux et surtout nos oreilles 
 
Pauvres, car personne n’a plus vraiment besoin de nous ; nous ne pouvons plus rien donner, seulement recevoir. Michel Quoist disait : "J’accepte ma pauvreté, me voici simplement, Seigneur, pour Te rencontrer sans obstacles".
 
Un Christ libre. Nous essayons de l’imiter.
Libres par rapport à ce que l’on pense des "vieux". Cela nous donne du temps pour prier pour l’Eglise universelle, pour penser aux plus jeunes PS.A. parties dans les implantations récentes de la République démocratique du Congo, de Madagascar, de Manille, et aussi pour méditer, lire, s’occuper un peu de nos voisines, religieuses ou laïques.
Libres pour penser à tout ce que nous avons reçu, et pour revoir aussi nos négligences, nos oublis, nos petites trahisons.
 
Nous rencontrons un Christ joyeux, Celui que nous avons cherché toute notre vie, souvent maladroitement, dans la joie et parfois dans la peine, l’agonie, la passion qui mène à la Résurrection.
 
Dans l’invitatoire du Psaurne 89 nous disons : "Rassasie nous de Ton Amour au matin, et nous vivrons dans la joie et les chants"
Dans la joie, car notre mission continue :"Une PSA doit toujours être missionaire" La petite Thérèse marchait pour les missionnaires qui, eux, marchent trop. Actuellement nous offrons pour eux nos difficultés à marcher ou notre immobilité.
 
Dans notre cœur, nous essayons de chanter avec nos vieilles voix : "Source d’espérance, fais jaillir la vie ; Dieu qui nous devances, fais lever l’Esprit ... jeunesse au coeur du monde, Dieu notre avenir... Créateur avec Toi, messager de Ta Joie ".
Je termine en citant la "déclaration" d’une Petite Soeur de l’Assomption de notre Communauté qui a 100 ans : "La vieillesse est le plus beau temps de l’action de grâces’. On a tout reçu de l’amour de Dieu, et Il nous a aidées à tout surmonter."
 
Soeur Anne-Marie, Petite Soeur de l’Assomption
                          
12/04/2011
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