Suivi nutritionnel à Madagascar

Je viens partager avec vous le suivi nutritionnel à Madagascar. Je m’appelle Louisette (jeune professe PSA), j’ai cette responsabilité depuis le mois de septembre 2010, après l’expérience d’un an au sein d’une ONG (qui s’occupe des enfants des familles démunies et loin de l’école) dans le domaine de l’éducation pour leur « alphabétisation ». Ma fonction était d’évaluer ce projet.

Depuis plus de 10 ans, grâce à la collaboration des PSA, laïcs et bienfaiteurs, nous pouvons nous occuper de 15 enfants de 6 mois à 3 ans des quartiers voisins de notre champ d’action ici à Sahalava – Fianarantsoa (Madagascar). Jésus s’adresse à nous par cette Parole : « donne-leur à manger… » et aussi Il s’adresse aux enfants : « venez boire et manger sans payer… »
 
Ces deux phrases résonnent en nous comme un écho silencieux et profond dans notre vie en tant que Chrétiens, disciples et apôtres, en suivant Jésus Christ Serviteur et Sauveur auprès des enfants malnutris du quartier où nous sommes. Avant d’entamer « notre pain », je voudrais vous présenter la recette et la forme par quelques questions et réponses, pour vous aider à mieux comprendre ce partage.
 
 
Comment se présente notre pain ?
Notre pain se présente de différentes formes selon nos moules : situation, réalité et activités proposées à partir des besoins des familles.
 
Et notre recette ?
La recette ne change pas trop car c’est le bon mélange des PSA, Laïcs, et familles en difficultés sur le quartier.
 
Et notre parfum pour ce pain ?
Notre parfum est notre être-même : ce que nous sommes et ce que nous avons, telles que nous sommes.
 
Qui sont les bénéficiaires de ce pain ?
Les familles en difficultés et spécialement leurs enfants malnutris qui aiment bien se nourrir de ce pain.
 
Quand est-ce que les enfants viennent se nourrir de ce pain ?
Tous les jours du lundi au samedi, tous ces enfants viennent chez nous, au centre qui s’appelle AKANY FIVOARANA (c’est-à-dire “nid de développement”), pour boire du lait avec des vitamines « ananambo » (à base de plantes très nourrissantes du pays). Et deux fois par semaine, ils prennent un repas complet (viande hachée ou poisson ou œufs avec des légumes, du riz, des fruits).
 
Quel critère demandons-nous aux enfants pour pouvoir dire qu’ils sont malnutris et accueillis chez nous ?
Au début, nous pesons chaque enfant et, si la courbe de rapport poids/taille selon la fiche spéciale que nous utilisons se trouve dans le rouge (malnutrition sévère), nous le prenons sans attendre.
 
Combien de temps ces enfants se nourrissent-ils de ce pain ?
Souvent ces enfants ne prennent pas leur poids normal à l’âge du sevrage, et ils commencent le suivi nutritionnel à ce moment-là jusqu’à ce qu’ils reprennent leur poids normal, toujours mesuré par le rapport poids/taille de la fiche. Et cela peut durer de 1 à 2 ans selon leur évolution qui dépend souvent de la situation économique et sociale de leur famille.
 
En général qui sont ces enfants ? Ces parents ?
Des enfants malnutris à cause des situations difficiles qu’ils vivent ; enfant abandonné, décès de la maman, maman qui a une maladie mentale, parents au chômage, séparation des parents.
 
Et qui est l’équipe qui pétrit la pâte ?
Depuis le début, il y a Mme Pauline et Mme Jacqueline, deux femmes du quartier ; elles ont une bonne connaissance des familles et le désir qu’elles s’en sortent. Chaque année des postu-lantes et aspirantes de la communauté d’Ampopoka sont venues en stage. Actuellement Brigitte (postulante) et Arlette (aspirante) sont avec nous. Je suis la coordinatrice, aidée par Marie-Françoise (PSA). Une fois par mois un médecin bénévole donne une consultation pour suivre l’évolution des enfants.
 
Est-ce que le suivi nutritionnel comporte seulement la nourriture pour les enfants ?
Bien sûr que non, il y a aussi la formation sur les questions d’hygiène, de santé (prévention et soins) et d’alimentation équilibrée. Cette formation se fait à l’aide de vidéos ou fiches, en ayant le souci que les mamans soient participantes. Nous n’oublions pas les fêtes : Noël, et, cette année à leur demande, un temps de danse et musique pour la nouvelle année. Il y a aussi la visite hebdomadaire de chaque famille pour nouer un peu plus nos liens et voir sur place leur situation.
 
Comment les mamans participent-elles encore ?
Chaque maman vient préparer le repas avec Mme Pauline et, à la fin, veille à ce que tout soit propre et rangé. Il leur est demandé également une participation financière minime pour les deux repas. De plus, pour faire face à un double besoin : de notre côté, entretenir les salles pour les repas, et, pour les mamans, avoir un peu d’argent, chaque semaine deux d’entre elles, à tour de rôle, font le ménage et se constituent une petite caisse pour les urgences.
 
 
Comme notre Fondateur, je constate : « je vois la misère de mon peuple (et des familles)… » J’apprends à apprivoiser leurs difficultés avec le Christ Serviteur et Sauveur pour qu’elles découvrent sa grandeur, et qu’Il est bien « l’Amour du Dieu Vivant, le Dieu qui marche avec nous. »
 
Je tends mon cœur, je tends mes mains et j’essaie de me tenir à leurs côtés pour pouvoir les servir. Cela me donne de la joie ainsi que le soutien de la communauté. Cela me fait grandir et mûrir dans la foi, l’espérance et l’amour aujourd’hui dans la mission, pour construire avec les familles une vie aux conditions meilleures jusqu’à celle de fils et filles de Dieu.
 
Soeur Louisette 
Communauté de Sahalava (Madagascar)
09/05/2011
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