« Rester en éveil pour ce que voudra nous dire le Seigneur… » E. Pernet

« Quand je porte la communion, je sens ma faiblesse et je dis au St Esprit :’j’ouvre la bouche et toi, tu parles »

Geneviève Longuemare est née en 1923 dans une famille de la bourgeoisie normande. Dès son enfance elle a eu conscience du fait que tous dans la société n’étaient ni perçus, ni traités de la même façon. Sa sœur jumelle, décédée à l’âge de 11 ans, avait émis le désir d’être carmélite, Lisieux étant tout proche. Geneviève se voyait plutôt dans la vie apostolique et c’est la lecture d’Ecrits du Père Pernet souhaitant que « les classes sociales fraternisent » qui lui a fait porter son choix sur la Congrégation des Petites Sœurs de l’Assomption où elle est entrée en 1946.
 
Un moment clé de sa vie religieuse a été son arrivée à Levallois en 1967 comme responsable d’une communauté qui devait réorganiser ses services de Petite Soeur et ouvrir un Centre social. Or, l’appel à une proximité plus grande du monde ouvrier à la suite du Chapitre général ayant suivi le Concile Vatican II, et la contemplation de l’Evangile en communauté ont conduit celle-ci à une autre décision : voir avec le Député-Maire, membre du Parti communiste, s’il était possible de faire quelque chose en commun, puisque les uns et les autres se voulaient engagés au service des ouvriers. Celui-ci s’est montré étonné et heureux que des catholiques proposent de travailler avec des membres du PC et Geneviève a été embauchée comme infirmière par la Mairie et s’est syndiquée à la CFDT. 
 
Changement déstabilisant pour Geneviève et pour certains malades qu’elle retrouvait comme employée d’une Mairie PC tout en restant une Petite Soeur, mais aussi, temps riche de partage et d’interrogations venant de non-croyants. « Une collègue, venue à l’église pour un enterrement, m’a demandé ce que voulait dire communier. »
 
De son passage à Mérantais (Yvelines) où elle terminera sa vie professionnelle comme infirmière à ½ temps employée de la Mairie socialiste, elle se souvient particulièrement de l’enquête d’intérêt public à la suite du souhait de la population ancienne de Magny-le Hameau de se séparer de la réalité ouvrière de Cressely. « En communauté on a réfléchi, l’important c’était de rester unis. »
 
A Amiens elle s’engage dans la Pastorale de la Santé et est chargée au niveau départemental du Service évangélique des malades. Puis c’est Bordeaux, dans un quartier multiculturel où, avec la commission santé de la CSCV, elle travaille à sensibiliser les habitants du quartier à ce qui concerne le bien-être. Elle fait aussi du soutien scolaire avec les familles maghrébines. A Riedisheim qu’elle rejoint ensuite ce sera avec des familles turques.
 
Geneviève, à Bourges, constate qu’elle ne voit pratiquement plus. «  Quand j’ai accepté de dire et de me dire ‘je ne peux plus lire’, le oui de disponibilité m’a remplie de joie. »
 
Actuellement en Maison de Retraite (EHPAD) à Paris, Geneviève relève ces deux accents : « Les résidents nous évangélisent, par exemple Mr X en disant ‘je suis dans la main de Dieu’ » et « Quand je porte la communion, je sens ma faiblesse et je dis au St Esprit :’j’ouvre la bouche et toi, tu parles ».
17/02/2015
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