Prier avec des laïcs

Un soir par semaine, nous ouvrons notre temps de prière communautaire aux personnes du quartier qui souhaitent partager ce moment avec nous. Témoignage de la communauté d’Antony.

La prière prend des formes variées : psalmodie des psaumes, chant, lecture et méditation de la Parole de Dieu, danse, photo langage, messages écrits ou partagés, silence et contemplation. A l’oratoire, la Présence Réelle est là avec une icône, une bougie, des fleurs… invitation au recueillement et à la méditation.
 
Nous avons demandé aux personnes laïques d’exprimer comment elles sont venues prier à la communauté. Voici leurs paroles : « C’est une petite sœur qui travaillait avec moi dans la même maison de retraite qui m’a invitée à venir » ; « c’est Henriette, une amie du quartier qui pendant la maladie de mon mari m’a dit -viens prier avec nous, ça va te soutenir dans ce moment difficile- » ; « avant d’arriver dans ce quartier, une amie m’a dit -contacte la communauté PSA-, j’avais besoin d’une amitié paroissiale ». « C’est le groupe de la Fraternité qui m’a donné l’idée d’y venir ; j’avais envie de prier avec d’autres. » 
 
« Allez prier chez les PSA, c’est réellement comme se rendre à une invitation, dans la certitude d’être accueillie avec une grande hospitalité, dans la simplicité et la joie d’être la bienvenue ; mais aussi que cet accueil sera réservé à chacun de nous et sera contagieux : nous nous accueillons, à leur suite les uns les autres. Nous échangeons le quotidien de ces derniers jours, les derniers potins, l’actualité du quartier, du travail, l’actualité du monde aussi, nos joies et nos peines… »
 
Comment vivez-vous ce temps de prière ?
C’est aussi aller boire à la source, se poser devant Dieu, à l’écoute de sa Parole ; « ce moment de recueillement me donne paix et réconfort » ; «  ce temps de partage de la foi est un soutien dans les moments plus difficiles. La parole de chacun m’enrichit, élargit la mienne et parfois m’aide à repartir là où le Seigneur m’envoie dans le quotidien » ; « nous déposons ce qui est trop lourd ».
 
« Méditer ensemble l’évangile me nourrit, j’y puise la force, et peu à peu la connaissance de Jésus. C’est un temps de communion, pas seulement entre nous mais avec le quartier, et aux dimensions du monde entier. Nous donnons nos intentions de prière, et les intentions des uns et des autres, nous les portons ensemble. Je crois à la communion des Saints. Quand l’un ou l’autre est absent, nous le rendons présent et sommes aussi en union avec ceux qui ont fait le passage de la mort à la Vie ».
 
« Entre nous, il n’y a pas de différence, on est tous égaux devant Dieu, on se sent en confiance, et c’est plus facile d’exprimer notre prière, à la différence de la messe du dimanche où nous n’avons que les -amen- à dire. Ce rendez-vous est différent. Cette communion fraternelle rompt ma solitude ; j’aime faire miens certains cris des psalmistes comme -le Seigneur soutient la veuve et l’orphelin-, ce qui est la réalité de ma vie. Dans les moments difficiles, les paroles du Christ redites par l’un ou l’autre m’aident beaucoup -venez à moi, vous qui peinez, je vous procurerai le repos-. L’appel à la réconciliation, la demande de pardon, m’aide à retrouver la paix intérieure ».
 
Pointer du doigt ce qui est merveille dans nos vies
« Ici, mon esprit reste recueilli jusqu’à la fin, alors que chez moi, je suis distrait quand j’essaie de prier seul. Ça me renvoie à mon intériorité ; c’est retrouver force et dynamisme ; c’est poser un autre regard, pointer du doigt ce qui est merveille dans nos vies, dans le quartier et le monde. C’est rendre grâce à Dieu. »
 
« J’aime beaucoup ce refrain -bénis sois-tu notre Père qui nous a béni dans le Christ-. D’autres paroles me sont chères : -Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien, Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie. J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours- (Ps 22) et puis -Tes œuvres me comblent de joie ; devant l’ouvrage de tes mains je m’écrie : que tes œuvres sont grandes Seigneur ! Combien sont profondes tes pensées !- (Ps 91) »
« Dire merci, rendre grâce me stimule à chercher le point lumineux de la journée et j’en reçois des autres comme un cadeau ».
 
« En nous quittant, nous ne sommes plus les mêmes : nous sommes liés et reliés les uns aux autres et nous nous connaissons mieux. Quand je reviens de la prière, c’est comme si j’avais pris de la vitamine C et D ».
Pour nous, Petites Sœurs de l’Assomption, qui désirons être à l’écoute de la vie de tous les jours, nous rappelons à Dieu « dans une prière qui ne se tait pas » (P. Etienne Pernet) son dessein d’amour, son alliance, sa tendresse, sa justice. Ensemble, avec les personnes qui viennent prier avec nous, nous découvrons les signes de la présence agissante de Dieu, et cela nourrit aussi notre vie, et nous fortifie.
 
Contempler Jésus qui sauve aujourd’hui, dans cette communion aux joies et aux souffrances de chacun et des familles, transforme notre regard et notre cœur. Notre prière devient émerveillement et louange, engagement et combat, intercession, attente et annonce. Reliées à l’histoire du Salut, prière d’apôtre, de veilleurs, unies aux priants du monde, et aux chercheurs de Dieu. La rencontre des non-croyants questionne notre foi. Ils sont présents à notre prière. Les rejoignant dans leurs aspirations humaines, nous laissant convertir avec eux, nous cherchons des chemins d’évangélisation pour leur révéler la véritable espérance et la fraternité du Christ. 
 
Petites Sœurs de la communauté d’Antony, Bris, Christiane, Eléonore, Henriette, Jocelyne, Pierre, Patricia, Rita, Thècle, Thérèse
 
Prière
 
IL EST LA
Où donc est le Seigneur ressuscité ?
Mais il est là
Où la souffrance est enlevée
Où la haine est expulsée,
Où la misère est combattue
Où le droit et la justice sont établis
Il est là, c’est Lui !
Où donc peut-on le trouver
Lui le Seigneur vivant ?
Mais il est là
Où les vivants bâtissent la paix,
Où les vivants se donnent par amour,
Où les vivants s’unissent pour construire
Et là aussi où l’humanité perd son visage
Mais il est là
Dans les villes, dans les rues,
Dans les banlieues,
Dans les villages, dans les bidonvilles,
Dans les résidences, dans les déserts,
Dans les mondes du tiers et du quart,
Il est là où les hommes tentent de vivre et de s’aimer
En maintenant leur dignité.
Vous qui croyez, vous qui voyez :
Vous en êtes les témoins !
Dites-le une fois pour toutes,
Sans demi teintes, clairement et faites le :
On peut toucher le Christ Vivant
Là où est défendue
La vie des vivants
 
Charles Singer
22/06/2012
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