Pérou - Ensemble nous serons plus forts !

Groupe de soutien aux mères d’enfants ayant des capacités différentes

« Nous sommes envoyées aux pauvres, notre option pour eux est grâce de fondation. »

Il y a trois ans, nous avons lancé ce groupe de soutien réciproque entre mères d’enfants ayant des capacités différentes. Ma mission de Petite Sœur se trouve confirmée dans ce que je vis avec ces femmes pleines de courage, et dont l’espérance est inébranlable. Avec elles je fais l’expérience de l’amour de Dieu qui sauve dans la faiblesse et dans la pauvreté, comme l’ont constaté Etienne Pernet et Antoinette Fage dans leur propre vie. Le groupe est composé de 7 femmes, rassemblées par une même réalité. 
 
Elles ont toutes un ou deux enfants ayant un handicap physique ou neurologique et elles vivent dans le même quartier que notre communauté. Après avoir rendu visite à chacune, en cherchant avec elles des alternatives de garde en réponse à la réalité de leurs enfants, nous avons constaté que la première chose qui pourrait les aider était de se rendre compte qu’elles n’étaient pas seules, et que vivre des situations similaires les rendait plus fortes face à l’adversité. Nous avons donc commencé à nous réunir, puis nous avons organisé une rencontre par mois où l’on partage sur ce que vivent leurs enfants, on s’informe sur d’autres familles qui sont dans une situation similaire, et à qui il serait bien de rendre visite, et on consacre un temps pour écouter ensemble un passage de l’Evangile et apporter ainsi une lumière sur leur vie.
 
Ce temps mensuel a débouché sur d’autres rencontres pour des fêtes, des temps de joie, de jeu, de promenade, d’échange fraternel. La vie du groupe s’est aussi enrichie grâce à la participation à des évènements organisés par la Fraternité des personnes malades et ayant un handicap (FRATER). Cela nous confirme qu’il est possible d’être en communion avec ceux qui vivent dans le monde des « capacités différentes ».
 
Ce que nous recherchons dans le groupe, c’est de contribuer à une meilleure qualité de vie pour ces enfants et pour leurs familles. Nous souhaitons apporter le nécessaire pour leur intégration dans la société, par le développement des compétences, l’aide mutuelle, l’attention aux besoins tant de fois dénigrés à cause de la pauvreté, du manque d’affection et des déficiences du système de santé péruvien.
 
Ecoutons le témoignage de trois mamans qui font partie du groupe :
« Mon fils est un trésor que Dieu a envoyé dans mon foyer. Moi aussi j’ai l’impression d’être une « mère spéciale », appelée par Dieu à vivre l’humilité, la patience, et le service généreux à ceux qui connaissent des situations comme celle que nous vivons dans ma famille. »
 
« En faisant partie de ce groupe j’ai compris, après avoir longtemps surprotégé ma fille, que ce n’était pas comme ça que j’allais l’aider à grandir. J’ai commencé à écouter davantage mes autres enfants et nous nous occupons ensemble des tâches domestiques. Avec les autres mamans du groupe, nous surmontons la solitude et nous aidons nos enfants à être plus indépendants. »
 
« Mon fils est pour nous tous le moteur qui nous aide à avancer. C’est grâce à lui que nous trouvons la force de poursuivre notre chemin en famille. »
Ecoutons à présent l’un des adolescents à qui je rends visite dans le cadre de la mission du groupe. Tout comme ses deux frères aînés, qui sont décédés aujourd’hui, il souffre d’une dystrophie musculaire et il est conscient des progrès de sa maladie :
« Tout d’abord ma maladie n’est pas un châtiment. Bien au contraire. Pour moi, c’est une béné¬diction. Dans les premières années de ma maladie je me sentais différent de tous les autres, mais en sentant l’amour de Dieu, et en parlant avec Sœur Isabel, j’ai vu les choses d’une autre manière. J’ai compris que l’amour de Dieu se trouvait plus proche que ce que je croyais : dans l’amour de mes parents et dans la merveilleuse famille que j’ai, parce qu’ils m’aiment beaucoup et ils me voient comme un garçon joyeux. Avec eux, je me sens comme une personne normale. Je crois que Dieu m’a envoyé dans ce monde pour une raison : pour que ceux qui souffrent d’une maladie, lorsqu’ils me voient, trouvent l’espérance et se rendent compte que même comme cela on peut vivre avec joie. »
En tant que Petite Sœur de l’Assomption, les partages avec ces femmes et leurs enfants, ont fait grandir ma foi. Chez elles, il n’y a pas d’amertume, il y a au contraire toujours un sourire, l’expression de leur joie lorsqu’elles racontent les espiègleries de leurs enfants, au-delà de leurs limites. Ce sont des enfants qui ont des difficultés de langage ; beaucoup ne marchent pas, ne peuvent pas manger seuls… elles s’occupent d’eux complètement et elles le font avec beaucoup de dévouement et de tendresse.
 
Je rends grâce à Dieu et à la Congrégation de m’avoir donné cette opportunité de vivre et de travailler parmi les plus pauvres et les oubliés de notre société.
 
Isabel, Petite Soeur de l’Assomption
Lima (Pérou) Communauté Saint Martín 
26/05/2015
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