Noël 2015 avec les Petites Soeurs - « La Vie était la lumière, et la Lumière brille dans les ténèbres ! » Jn 1, 4-5

Voilà ce qu’il nous est donné de voir et de contempler. Cette parole est saisissante en ces temps où les ténèbres semblent voler la place à la lumière.

Les ténèbres : à chaque instant nous les percevons. Elles nous atteignent souvent en direct quand les médias nous donnent à voir les flots de personnes déplacées fuyant les guerres, la famine, l’insécurité, les persécutions de toutes sortes. Quand ces migrants arrivent aux portes de l’Europe, ou se noient en mer, ou meurent d’épuisement et de froid dans l’Est de l’Europe. Ces ténèbres, elles nous atteignent aussi quand des extrémistes politiques ou religieux font la Une des informations, quand nous les voyons « récupérer » souvent les plus fragiles de nos sociétés et les enrôler dans la violence et la xénophobie. Les ténèbres, ce sont aussi les catastrophes écologiques au Brésil, aux larges des côtes africaines, en Asie, Océanie, dans la pollution extrême des villes de Chine… Et tant d’autres ténèbres encore qui plongent la planète, les hommes, les femmes, l’humanité entière dans la souffrance.

Il nous est dit encore : « la Lumière brille dans les ténèbres… et les ténèbres ne l‘ont pas accueillie. »
Jn 1, 5
Arrêtons-nous aussi quelques instants sur nos propres ténèbres. Il est si facile de « fermer sa porte », de laisser jaillir telles paroles amères ou jugeantes, de rester passives, de laisser la jalousie ou l’indifférence prendre place en nous.
Comment attendre des dirigeants de ce monde d’abandonner des privilèges, de ne pas fonctionner égoïstement si nous-mêmes, dans le quotidien, nous ne menons pas ce même combat en nous et dans nos communautés ?
 
Et pourtant nous pouvons dire aussi qu’à partir des ténèbres se découvre la lumière. Parce qu’il faisait nuit lorsque les bergers de Bethléem ont vu la lumière jaillir. Les Mages sur leur chemin incertain ont pu suivre la lumière de l’étoile. Et chacun, chacune de nous n’est-il pas venu à la lumière le jour de sa naissance ! 
 
Dans les ténèbres, la lumière trace son chemin. Ce sont ces hommes et ces femmes qui au milieu des attentats ont la force de secourir ceux qui tombent à leur côté au prix de leur propre vie, ce sont ceux qui quittent leur maison et viennent au secours des blessés, des personnes contaminées. Ce sont tous ceux qui accueillent, partagent leur maison, leur pain, leurs vêtements, ce sont tous ceux et celles qui luttent pour une planète à sauvegarder, une terre à partager…
 
Il nous est dit encore : « A ceux qui l’ont reçue (la Lumière), Il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu. » Jn 1,11
 
Ces enfants de Dieu sont bien ceux-là qui réalisent la parole d’Isaïe : « Relevez la tête, veillez, priez, tenez-vous debout… »
 
Oui notre Dieu nous veut debout, créateurs, créatrices, participant à l’œuvre de beauté et de bonté qu’Il crée chaque jour par nous, avec nous.
 
Nous pouvons changer notre regard : « il le regarda et l’aima » pour voir comment chaque personne dans cette attitude de solidarité ou d’humanité est en train de mettre en œuvre ce qu’elle a de plus profond en elle-même, la parcelle d’image de Dieu qui surgit en cette démarche d’amour. Ne nous lassons pas de reconnaître tous ces petits éclats de lumière qui se manifestent dans le quotidien de nos vies en communauté, dans la réciprocité de nos relations, l’attention aux unes et aux autres qui introduit un climat de bienveillance et de confiance. Ne nous lassons pas de reconnaître ces éclats de lumière lorsque le pardon est donné, lorsque dans nos quartiers la solitude est cassée, lorsque des millions de personnes marchent pour sauver la planète. Alors l’espérance et la joie naissent à nouveau.
 
En cette Année de Jubilé de la Miséricorde, le Pape nous invite à être acteurs, actrices de la tendresse de Dieu, à être des personnes de Miséricorde c’est-à-dire responsables de traduire en acte cette promesse de Dieu :
« La Parole s’est faite chair. ». Elle est venue habiter notre humanité, prendre pleinement ce qui est limité, fini en nous pour nous ouvrir à l’infini. Elle est venue nous sortir de nos enfermements comme Zacharie passant de son doute à la foi. Il retrouve sa voix pour proclamer son hymne de joie :
« Béni soit le Seigneur le Dieu d’Israël parce qu’il a visité son peuple… » Il a montré sa bonté, son salut par le pardon des péchés… Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres pour les guider sur la route de la paix. 
 
Dieu nous invite à l’espérance, à la patience. Dieu est venu au jour dans un enfant. La lumière est venue par les mains de Marie. Soyons comme Marie des femmes d’espérance, de tendresse, de confiance.
 
Redisons ensemble, en cette Année 2016 :
« Dieu a visité son Peuple. »
« Gloire à Dieu aux plus haut des Cieux
et Paix sur la terre
pour les hommes et les femmes ses bien-aimés. »
Cf. Luc 2,14
 
Bon Noël !
Avec toute notre affection fraternelle.

Marie-Françoise, Piedad, Eugenia, Mary, Geneviève
Conseil Général
25/12/2015
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