Noël avec les Petites Soeurs - Méditation

L’Ange leur dit : « … Je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui un Sauveur vous est né, qui est le Christ Seigneur… » (Lc 2, 10)

Mais qui est-il ce «  Christ et Seigneur ? Que nous dévoile-t-il de lui-même ?

« Jésus en disant « Me Voici » et en ne disant pas « Je » ne pose pas lui-même son identité, mais il la soumet à l’autre… Jésus se définit comme un « Me Voici ». Ce disant il s’expose. Il ne se présente pas autrement que comme quelqu’un qui répond à l’interpellation de son Dieu, et à l’aide que les hommes lui demandent. Jésus met en jeu son identité à partir de cet infini respect des pauvres, des affamés, des laissés pour compte. Ce « Me Voici » est la charité tout entière. N’est-ce pas la seule façon digne, pour quiconque d’ailleurs, de se présenter sans violence. Ce « Me Voici » est une sorte de silence qui laisse aux autres, à qui il la confie, la parole qui identifie. » 
 
Ce « Me voici » se retrouve comme un fil qui parcourt l’Ecriture. Rappelons-nous :
Abraham, lorsque Dieu l’appelle, répond : Me voici.
Dieu appela : Moïse, Moïse : « Me voici. »
Samuel, Samuel : Me voici… 
Chacun commencera alors sa mission d’envoyé.
Et l’Épitre aux Hébreux, reprenant un psaume, résume ainsi solennellement le sens même de la venue de Jésus : en entrant dans le monde, le Christ a dit : « Me Voici » « Je suis venu, Ô Père, pour faire ta volonté. »
 
Point d’autre identification que cette manière de s’exposer, jusqu’à Marie reconnue dans ce « Voici la servante du Seigneur. » (Lc1, 38)
Marie, dans son accueil sans limite permettra à la source de jaillir en elle. Ainsi la foi et l’espérance pourront prendre toute leur mesure et lui donneront l’audace de penser à l’avenir de Jésus.
« Marie, tu accueilles en terre profonde, 
Tu laisses prendre corps en toi l’espérance nouvelle. » (chant)
 
Tous ces témoins qui ont écrit l’Histoire nous révèlent le secret de leur force : ils ont cru au pouvoir transformateur de Dieu, non par la force mais par le don, l’abandon, la foi donnée à Celui qui est le Maître de l’Histoire.
 
Dieu vient humaniser notre Humanité jusqu’à donner son Fils et nous fortifier par l’œuvre de son Esprit. Nous sommes à son école. Nous sommes nous aussi invitées à nous « exposer », à nous rendre ouvertes à l’aujourd’hui de Dieu. C’est un temps pour vivre la compassion. C’est le temps de Dieu. Un temps pour humaniser les structures politiques, économiques qui plus que jamais laissent les personnes sur le bord de la route. Parce que la Bonne Nouvelle, comme dit encore l’épitre aux Ephésiens, est une Bonne Nouvelle « pour les juifs et pour les païens ». Dieu sauve, Dieu appelle à la liberté. Nous en sommes témoins tous les jours, découvrant comment chaque personne qui fait du bien s’approche de Dieu.
 
En cette année où l’Eglise nous invite à vivre une année de la Foi, pouvons-nous renouveler notre espérance, apprendre à découvrir le bien chez l’autre, tous les autres ? Dans nos communautés, notre quartier, notre monde ? Ce bien existe et donne sens à nos communautés, à la Congrégation, à notre monde. N’est-ce pas aussi un chemin d’Evangélisation ?
 
En ce dernier trimestre, le Synode sur la Nouvelle Evangélisation vient d’avoir lieu. Il nous rappelle que l’évangélisation commence en nous-mêmes. Je ne peux évangéliser qu’en me laissant évangéliser, chemin de conversion, de métanoïa, véritable retournement.
Chemin de dialogue aussi, ainsi que l’exprime Benoît XVI en ce Synode : « comme Jésus au puits de Sychar, prendre le temps de s’asseoir “à la margelle du puits” auprès de nos concitoyens, auprès de tous les hommes et femmes qui souvent sont comme des “brebis sans berger”. Favoriser des expériences concrètes de communion qui, avec la force ardente de l’amour, attirent le regard désenchanté de l’humanité contemporaine. » 
 
Favoriser des communautés accueillantes dans lesquelles les personnes malmenées par la vie, « défigurées », souvent invisibles dans nos sociétés parce qu’on ne les voit pas, se sentent chez elles. S’asseoir auprès de chacun, chacune, avec compassion et espérance est un appel pressant aujourd’hui. Invitation à être dans cette attitude aussi entre nous.
Attitude de Dieu-même au puits de la Samaritaine. Sans doute cette femme a-t-elle compris que Jésus en lui parlant, lui disait « Me Voici ».
 
Pour vivre ces attitudes ne nous faut-il pas prendre le temps de contempler Jésus-Christ pour, comme le dit Etienne Pernet, devenir d’autres « Jésus-Christ ».
 
Contemplons notre Dieu nous dire : « Me Voici » qui est très exactement un : « Je suis là ». « La vraie Seigneurie de Dieu et de Jésus est non seulement d’être, mais d’être là. » 
Le Royaume de Dieu est là tout près de nous… ne le voyez-vous pas ?...
 
A chacun, chacune, de dire : Oui je le vois en toute personne qui fait du bien et qui ainsi s’approche de Dieu. Nous sommes invités, tous, à être de ce peuple, de ce Royaume…
 
Alors, OUI, Me Voici !
 
Que Notre Dieu en cette nuit de Noël nous renouvelle dans l’Espérance par la force de son Esprit.
 
Les Petites Soeurs Conseillères générales - Noël 2012
20/12/2012
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