Lutte pour la vie

Nous sommes arrivées dans le quartier Alto do Moura, situé à 7 kms du centre de la ville de Caruaru au Brésil, le 29 juillet 2010...

Nous sommes arrivées dans le quartier Alto do Moura, situé à 7 kms du centre de la ville de Caruaru, le 29 juillet 2010. C’est devenu un espace culturel d’arts figuratifs grâce au travail de l’argile réalisé par les générations précédentes.
Le quartier a une seule rue pavée et les nouveaux quartiers, situés parallèlement à sa droite et à sa gauche, sont abandonnés par les pouvoirs publics.
 
Le secteur que nous habitons n’a pas été mis en conditions de viabilité, et une rue seulement est équipée d’électricité et d’eau. Dans les autres rues les habitants ont effectué des raccordements et posés des tuyaux illégalement, ce qui est très insuffisant et oblige à acheter de l’eau pour boire et cuisiner.
Nous nous rendons compte, depuis le début, de la situation précaire des habitants : ils vivent dans un quartier où l’égout se déverse dans les arrière-cours lorsque les tranchées sont pleines et débordent, ce qui, de plus, contamine le sol.
 
Les habitants du lotissement Maître Vitalino I, où nous demeurons, sont des couples jeunes avec des enfants en bas âge, originaires pour la plupart d’autres villes et villages proches de Bairro Alto do Moura. Beaucoup d’entre eux apprennent à utiliser l’argile et augmentent le nombre d’artisans qui fabriquent des objets d’art qu’ils font cuire et qu’ils peignent.
 
Nous étions témoins de la souffrance de toutes ces personnes qui devaient acheter de l’eau pour les tâches domestiques et auraient probablement des problèmes de santé en raison d’un manque d’hygiène. Aussi lors du Carême 2011 avons-nous invité certains habitants du quartier à dialoguer : « Comment voyaient-ils cette situation dans le quartier ? Quelles étaient leurs préoccupations et leurs propositions ? » 
Toute la population a été convoquée alors à des réunions où nous avons décidé ensemble de lancer une pétition réclamant eau potable, éclairage, hygiène et sécurité, ceci en collaboration avec l’ABMAM — Association des Artisans de la boue et les résidents de l’Alto Moura. Les résidents et les sœurs ont collecté des signatures et un petit groupe d’habitants a porté les documents aux entités publiques concernées.
 
La Police militaire a rapidement pris en considération la demande et le commandant en personne est venu dialoguer avec la population et a répondu partiellement à la revendication.
 
Nous avons déjà fait dix réunions avec les habitants et nous avons délégué une équipe pour rencontrer les entités responsables et, à leur retour, informer les habitants de l’avancée des revendications.
Et la lutte continue pour que soient respectés les droits de base de chaque citoyen et citoyenne. C’est une population qui a été longtemps dupée et a perdu tout espoir. Nous essayons de les aider à reprendre confiance en eux, de leur préciser que c’est un combat mené par tous et que l’union de tous les résidents, indépendamment de la religion et des partis politiques, est très importante.
La lutte continue !!!
 
« Je crois que le monde sera meilleur, lorsque les plus petits, qui souffrent, croiront en eux-mêmes"
 
Soeur Olga, Lima
 
23/05/2012
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