Les Petites Soeurs en mission à Montréal

À la suite du Nazaréen, faire route avec le monde d’aujourd’hui. C’est en marchant que l’Évangile se vit et s’écrit.

A Montréal, aux Habitations Jeanne-Mance (HJM). 

Situées au Centre-ville de Montréal, dans un complexe de 796 logements à prix modiques, ce complexe a vu le jour en 1959. Cet ensemble domiciliaire comporte 5 tours de 12 étages, 35 multiplex et 50 maisons familiales. Une population de 1660 personnes venant de 70 pays différents, où 66 langues se parlent. Amérique du Nord, du Sud, Centrale-Caraïbes-Europe-Europe de l’Est-Afrique-Afrique sub-Saharienne-Moyen Orient- Asie- Asie du Sud. Une population au nom de Tremblay, Prieur, St-Hilaire, Paiement, Durocher. Pour aujourd’hui, j’ajoute des Ahmed, Khan, Mian, Len, Gomez, Fakun, Ullah. 
 
 
 
Statistiques socio-démographiques / Population des HJM par groupe d’âge :
0-17 ans : 443 
18-54 ans : 610 
55 ans et + : 607 
 
Un peu d’histoire ! 
Déjà en 1942, la communauté rue St-Hubert offrait aux familles du quartier des services de travailleuses familiales, d’infirmières et de travailleuses sociales. En 1965, cette communauté fermait pour ouvrir dans un autre quartier appelé Hochelaga-Maisonneuve. Mais, nous gardions dans notre cœur le souhait de revenir pour habiter aux Habitations Jeanne-Mance, là où se trouvaient les familles déjà connues. 
Le 1er septembre 1967, une équipe de 4 Petites Sœurs prenait logement au 8e étage du 250 boulevard de Maisonneuve Est pour y vivre une présence en proximité. 
Je suis du voyage depuis le début jusqu’à aujourd’hui !
 
Projets et trajectoires au cours de ces 44 années. 
Responsable avec la communauté nous assurions des services à domicile, avec les 3 professions, citées plus haut. Un groupe de la Fraternité NDS se renouvelait avec cette population. Entraînée dans une dynamique communautaire, j’ai été interpellée à me joindre à d’autres résidents afin de mettre sur pied l’Association des locataires des HJM. Ensemble, nous avons assuré une permanence pendant plusieurs années.
 
Par la suite, un comité-emploi a vu le jour avec un travailleur communautaire du Centre Local de Services Communautaires, appelé « CLSC » et avec des résidants. Nous avions la volonté d’interpeller les institutions et les commerçants du quartier afin de favoriser l’emploi pour les gens des Habitations Jeanne-Mance… À travers ces 15 années d’existence, des jeunes ont pu trouver un emploi pendant la saison estivale. D’autres par un programme d’insertion qui mène à un travail permanent. Par ailleurs, des personnes immigrantes ont aussi fait reconnaître leurs compétences par des équivalences reconnues dans notre pays d’accueil. 
 
Les Intervenantes de Milieu
J’étais participante au Groupe de l’Amitié qui se voulait un temps de conversation en français, et qui permettait un partage entre les différentes cultures. Ce même groupe était en lien avec le cours de francisation donné par la commission scolaire de Montréal. 
 
Maintenant, je fais partie des Intervenantes de Milieu(IM). Suite à une recherche sur l’isolement des Aînés, avec d’autres IM d’un groupe communautaire, nous avons fait du porte à porte dans les 5 tours des HJM et continuons encore le suivi. C’est une profession qui est en train de se structurer et est en lien avec les intervenants du Centre de Santé et de Services Sociaux(CSSS) et le Centre local des Services Communautaires(CLSC). 
 
 
Pèlerine sur la route des migrants
Je me dis qu’il n’y a pas d’âge pour les surprises de la vie ! J’ai 85 ans. En septembre 2011, le Comité d’Éthique de Recherche (CER) du CSSS m’a demandé d’être une des personnes qui éclairent le comité dans les projets confiés à étudier et sur les enjeux et les retombées pour la collectivité visée. 
 
À travers ces années vécues avec une population en mouvance, mon être communautaire a acquis des dimensions insoupçonnées. 
A travers ces différentes étapes de ma vie mon amour de la Mission m’a fait créer des liens de partage, d’entraide, de solidarité avec l’une et l’autre Petite Sœur, et en réseaux. Je participe depuis plusieurs années à la Communauté de Base des Chemins, à des groupes de partage à couleur biblique et de la théologie contextuelle. Ce sont des lieux de recherche, de croissance personnelle, de partage en profondeur tenant compte du vécu, où le souffle de l’Esprit se révèle. 
Ce qui continue à me donner du souffle et de la joie, c’est de favoriser que la personne devienne le sujet de son devenir, de conserver cette capacité d’indignation devant toute exploitation, de désirer toujours croire qu’un monde meilleur est possible. 
Je me sens une pèlerine sur la route des migrants. À travers mes allers et venues : un regard, un sourire, un geste, quelques mots en anglais, sont un début de communication. 
 
À la suite du Nazaréen, faire route avec le monde d’aujourd’hui. C’est en marchant que l’Évangile se vit et s’écrit. Et, je fais un bon voyage...
 
 
Berthe, Petite Sœur de l’Assomption
Février 2012
 

 

14/02/2012
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