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UNE PSA EN MAISON DE RETRAITE
Je suis entrée ches
les PSA il y a un peu plus de 65 ans. Il y a quelque temps j’ai accepté
d’entrer en maison de retraite, même si personnellement je ne me sentais
pas pressée, ayant encore des possibilités physiques, mais j’oublias mon
âge…..En me rappelant le jour de ma profession où de tout
cœur j’avais dit oui au Seigneur pour un don total sans reprise, j’ai
essayé un peu à la fois de consentir au réel
d’aujourd’hui, de dire oui à cette étape en essayant de m’y
adapter le mieux possible, certaine que la grâce ne
nous abandonne jamais. J’arrive donc dans une
communauté moyenne qui vit dans une grande maison
de retraite de plus de 100
personnes.
J’ai la chance d’être
guidée par les soeurs de ma communauté pour faire la découverte des us et
coutumes, mais c’est bien « moi » la PSA, nouvelle résidente qui doit
écouter ce que le Seigneur attend de moi ici. PSA missionnaire je le reste
et c’est un appel à m’ouvrir à tous ceux qui m’entourent : résidents et
personnel. Je crois beaucoup à l’importance de la communauté pour notre
vie religieuse ; c’est d’abord avec mes sœurs que j’essaye « d’être là »
attentive, écoutante, aimante pour apprendre à les connaître, m’habituer à
leur façon de faire et donner un témoignage d’unité et de
fraternité. Etre résidente, c’est rester soi, mais accepter aussi une
certaine dépendance, laisser à d’autres la responsabilité, savoir
attendre, accepter ce qui vient en voyant d’abord le positif ….on entre si
vite dans la critique quand on n’a plus beaucoup d’occupations…et cela
détériore le climat. La vie est faite de tellement de petites choses quand
on vit en collectivité. ! « Je veux vivre », rester Petite Sœur
jusqu’au bout, « ne pas me laisser aller » aussi longetemps que j’en ai la
possibilité. Dans nos vies de PSA actives, la partie contemplative de nos
journées a toujours été importante pour moi ; je peux ici prendre
facilement le temps de prier. J’aime la lecture ; j’ai envie de
connaître l’actualité, ce qui se passe dans le monde et dans l’Eglise,les
courants de pensée, les lectures sérieuses, les documents et nouvelles de
la congrégation, ce que vivent les plus jeunes etc. Jésus ne m’a pas
demandé de rester seulement militante. Il m’a voulu religieuse. Je le
retrouve dans le silence de ma chambre, comme aussi à la chapelle. Je le
retrouve encore dans le contact avec les autres résidents, aprfois de
façon bien caché et austère ; Il se laisse chercher, mais Il est là.
La maison nous offre quelques activités.L’atelier d’ergo est occasion
de rencontrer « Colette , Andrée, denise, Madeleine etc…qui malgré des
handicaps se donnent bien du mal pour réussir un travail. D’autres fois
nous sommes réunis bien nombreux pour manger la galette, fêter les
anniversaires etc…alors le chant et la musique dominent tout ; il n’est
guère possible de se parler, de faire connaissance de nouveaux voisins ;
je crois que cela plait à certains ?. Pour moi j’en fais mon après midi de
mission, je suis là, j’essaye de m’y montrer heureuse, disponible, donnant
si possible un peu de joie autour de moi par une présence attentive. Peu à
peu des relations s’établissent entre nous ; quelques résidents aiment
recevoir une visite dans leur chambre, un climat chaleureux s’établit.
Jésus nous parle par les autres. Qui suis-je devant cette mère de famille
relativement jeune encore et gravement malade. Elle désire une prière
ensemble et me bouleverse par la sienne dite avec tant de foi : «
Seigneur, donne moi le courage dans ma maladie. Je sais que tu peux me
guérir si tu veux….puis je ne comprends pas bien la fin… Voilà : c’est un peu de ma nouvelle vie en maison de
retraite ; on me trouve épanouie ! tant mieux, je suis heureuse et
paisible dans la simplicité de la vie d’une personne âgée. Je ne l’ai pas
choisie, je suis envoyée par la congrégation. Petite Sœur missionnaire
jusqu’au bout par une présence. Ne m’as-t-on pas écrit pour mon arrivée
ici : « Il ya beaucoup, beaucoup de gens à aimer », et si
c’était cela ma mission aujourd’hui ?
Reine
F.
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