Petites Sœurs de l'Assomption

                       

            Présence des Petites Sœurs dans la ville  de  Paysandú                            
                                                                                                                                                         

                    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

         

         Le 1er avril 2000, un camion chargé de meubles et d’autres « bricoles » arrivait dans un quartier situé à la périphérie de la ville de Paysandú. Avec le conducteur du camion et son fils, débarquaient les deux premières petites Sœurs de l’Assomption, Mirandolina Austria et María Mercedes Suñer, sur ces terres fortes d’un passé héroïque.


Paysandú est une ville de 92.000 habitants, située à 378 km de Montevideo (capitale de l’Uruguay), à l’est de la frontière avec l’Argentine formée par le fleuve Uruguay, qui en langue indienne guarani signifie « fleuve des oiseaux ».

      Le jour de l’an de 1865, cette ville est devenue légendaire, d’où le terme « héroïque ». La veille, la ville brûlait, les flammes éclairaient la « bataille des 56 heures » qui avait commencé à 4h20 du matin le 31 décembre 1864.
        A l’origine du conflit, ce sont les intérêts britanniques qui avaient séduit une minorité libérale d’Argentine, d’Uruguay et du Brésil. L’objectif était de détruire le Paraguay qui à cette époque était un pays prospère et indépendant. C’était le pays le plus développé d’Amérique Latine.
       La population de Paysandú a refusé de combattre contre ses frères  paraguayens et une bataille s’en est suivie. Le martyre de Paysandú fut l’antichambre de la guerre de la Triple Alliance (Brésil, Uruguay, Argentine) qui a fini par « anéantir » le Paraguay.

         Les Sanduceros (habitants de Paysandú), revivent avec beaucoup de fierté ces événements historiques qui coûtèrent la vie à de nombreuses personnes, mais qui garda leur honneur sauf car ils n’avaient pas trahi un peuple de frères pour des intérêts économiques.

                Beaucoup de faits similaires se reproduisent aujourd’hui, même s’il n’y a pas de sang versé. De nombreuses usines ont été fermées, ce qui explique un fort taux de chômage depuis quelques années.

             Le quartier est situé à la périphérie de la ville. Les maisons datent de l’époque de l’apogée manufacturière. La plupart sont d’anciens ouvriers, dont certains sont aujourd’hui retraités ou vivent de travaux temporaires. Ils sont une minorité à avoir un emploi stable.
                  Cela a changé le visage de Paysandú, on trouve davantage de quartiers marginalisés, d’exclus, certains connaissent la faim, la malnutrition, la délinquance, la drogue, l’insécurité.. Mais la population n’a pas perdu son caractère hospitalier, sa solidarité, sa volonté de « chercher un petit boulot pour s’en sortir.. »

                      Lorsque nous sommes arrivées, nous avons immédiatement senti la chaleur de ce peuple accueillant car nos voisins se sont précipités pour nous aider à décharger le camion, et ils se sont mis entièrement à notre disposition si nous avions besoin de leur aide. Ainsi un lien d’amitié s’est tissé rapidement et n’a fait que se renforcer au fil des ans.

            Tout près de notre maison se trouve la Chapelle Nuestra Señora del Pilar. Les célébrations eucharistiques ont lieu le samedi. La paroisse est à 1,5 km et il n’y avait pas beaucoup de contacts entre le  centre paroissial et les quartiers périphériques.

             Nous avons eu dès le début de bonnes relations avec le curé et les laïcs engagés. Cela nous a permis d’établir des contacts discrets, d’observer la réalité, les besoins… pour offrir nos services selon notre Charisme.
           Il y a des laïcs formés qui participent à la pastorale sociale, et aux Ministères de la Parole, des malades et de l’Eucharistie. Ces personnes, en l’absence d’un prêtre, s’occupent des célébrations eucharistiques dans les Chapelles et à la paroisse.
                Le passé laïc de l’Uruguay a largement conditionné la foi du peuple. Il y a un grand nombre de non croyants, de gens qui se disent athées même s’ils invoquent Dieu. En général, il ne s’agit pas tant d’un problème de foi que de pratique et d’insertion dans l’Eglise.

         Lorsque nous avons intégré le groupe de Pastorale Sociale, l’une de nos premières initiatives a été de mieux connaître la réalité. Nous avons donc organisé les visites aux familles et établi de bons et nombreux contacts qui nous ont permis de nous rapprocher mutuellement et de détecter les vrais besoins du quartier.
                   Nous avons vu l’urgence d’aider les enfants dans leurs travaux scolaires, car leurs parents n’étaient pas en mesure de le faire. Nous avons demandé à plusieurs maîtresses une collaboration bénévole pour mettre en œuvre ce projet qui s’est développé d’année en année et qui est aujourd’hui bien au point. Beaucoup d’enfants y participent, soit le matin soit l’après-midi, du lundi au vendredi.

         Mirandolina accompagne les maîtresses et ses collaboratrices, qui périodiquement convoquent les parents de ces enfants et les invitent à des rencontres pour échanger sur des thèmes liés au rôle des parents, aux difficultés de l’éducation, sur leurs préoccupations, leurs doutes, leurs suggestions… L’équipe coordinatrice se réunit tous les 15 jours chez nous.

             Nous avons obtenu l’aide d’une psychologue pour s’occuper des enfants plus problématiques, qui proviennent généralement de familles très conflictuelles.
             Un groupe de jeunes se charge de réunir les enfants le samedi pour organiser des jeux, loisirs, et promenades.

          Dès notre arrivée à Paysandú, nous nous sommes mises en relation avec des groupes en lien avec les Droits de l’homme, qui ont un large éventail d’activités ici. María Mercedes a donc pu prolonger le long parcours de son engagement Justice et Paix, en participant à des rencontres de réflexion et de formation, des visites aux prisonniers avec d’autres, l’accompagnement de situations difficiles et ponctuelles qui nécessitaient une réponse ou la recherche de solutions.

           Dans cette même ligne, nous avons pu constituer un groupe de femmes qui désiraient apprendre la peinture sur toile. C’est ainsi qu’est né le premier atelier dans notre maison. Ces rencontres ont facilité le rapprochement de femmes très pauvres et marginalisées, au chômage pour la plupart, qui se sont étonnées de voir toutes les compétences qu’elles avaient en elles et qu’elles pouvaient développer pour la première fois de leur vie.

            María Mercedes a acquis diverses compétences manuelles : confection de cartes, céramique, technique de repoussage en aluminium pour travailler le bois ou le verre… Elle partageait ensuite ses connaissances avec les femmes et c’est ainsi que s’est constitué l’atelier d’artisanat auquel elles ont donné le nom de « Taller de la Asunción »

                     Répondant à une invitation du diocèse de María Mercedes, à partir de l’an 2000 les rencontres annuelles de la Pastorale des Frontières se sont ouvertes aux prêtres, évêques, laïcs et religieux d’Uruguay, d’Argentine, du Brésil, et dernièrement du Paraguay. Le nombre de participants à ces rencontres a augmenté lorsque nous avons abordé des thèmes vitaux pour la zone de la « Triple Frontière » , en particulier le thème de l’eau douce et les tentatives des pays riches pour s’approprier cette région qui entoure les Chutes de l’Iguazú.
                 Les interventions et les discussions qui s’ensuivaient, nous ont permis de prendre davantage conscience de l’importance de l’eau et de la menace latente des pays qui tentent de s’approprier cette zone.

              Depuis notre arrivée, Mirandolina a répondu aux demandes de santé : vaccins, contrôle de la tension artérielle, visites aux malades. Peu à peu, elle a mis en place ces visites avec d’autres femmes, et le réseau s’est ainsi élargi, ce qui nous a permis d’être en relation avec des familles qui avaient d’autres problèmes que la maladie.
Aujourd’hui Mirandolina fait partie du S.O.C.A.F. (Service de formation et d’assistance à la famille), avec plusieurs professionnels : psychologue sociale, assistante sociale et présidents des commissions de quartiers.
        Ce groupe dépend du domaine de l’Action Sociale de la présidence de la Nation et il  cherche à donner des réponses aux différents problèmes que peuvent rencontrer les familles : chômage, crise des valeurs, logements précaires ou insuffisants, alcoolisme, violence domestique, écoute des jeunes, grossesses d’adolescentes, désertion du système scolaire… C’est dans ce cadre que nous accompagnons aujourd’hui le groupe de soutien scolaire qui est déjà en place.

           En février 2002, Liliana Salas et Gabriela Peña (junioriste) ont intégré la communauté. 
          Liliana participe à l’animation liturgique par la guitare et le chant, et un petit groupe de femmes a pu être constitué pour former une chorale qui anime les célébrations.
            Avec un prêtre et quelques couples, Liliana a participé à un groupe de réflexion sur les problèmes familiaux et les façon d’y répondre aujourd’hui.

        Gabriela s’est mise en relation avec des jeunes de la paroisse et un groupe s’est formé avec des adolescents et des jeunes à la Capilla del Pilar. Ce travail n’a pas été facile, en raison des différences culturelles, mais des liens d’amitié ont perduré au fil des ans et plusieurs activités ont été créées ensemble : rencontres de détente pour les plus petits, journées de réflexion, convivialité, rencontres avec des jeunes d’autres communautés chrétiennes…
               Un objectif important était d’atteindre les familles de chaque adolescent, de chaque jeune. Il nous a fallu du temps pour y arriver mais au final, nous avons pu connaître plus précisément la réalité vécue au quotidien par  ces jeunes.
            La catéchèse était aussi un besoin auquel il nous fallait répondre, c’est pourquoi nous avons aidé les mères de familles catéchistes, la catéchèse des jeunes et la préparation au baptême.

               En 2004, Gabriela a quitté l’Uruguay pour rejoindre la communauté de la Inmaculada (Buenos Aires) et suivre une formation d’auxiliaire infirmière. Au même moment, Nelly Coronel est arrivée à Paysandú. Pendant quelques mois, il y avait 4 sœurs dans cette communauté car Liliana, à la demande du Conseil Général, est partie en Espagne puis aux Etats-Unis pour se préparer à son envoi aux Philippines.

              Nelly a appris peu à peu à connaître la réalité, en cherchant à offrir son aide selon les besoins.
                 Avec d’autres elle a suivi un cours appelé pastorale  des enfants, dans une optique de prévention de la malnutrition et auprès des femmes enceintes.
     Actuellement les groupes sont constitués et les visites aux familles ont été mises en place, ainsi que l’accompagnement pendant la période de grossesse, les complications qui peuvent se présenter, et le suivi des enfants depuis leur naissance jusqu’à leur sixième année, pour découvrir à temps les possibles cas de malnutrition.
 Les responsables se réunissent tous les quinze jours pour évaluer le travail effectué et planifier les étapes suivantes. Le travail s’effectue en réseau avec les écoles, les polycliniques et d’autres professionnels.
          On essaie de créer des relations humaines plus fraternelles entre les familles, une des occasions étant l’anniversaire de la première année de vie de l’enfant.

        Elle accompagne également un groupe de 20 familles qui ont construit leur logement par le biais d’une coopérative. Le quartier est proche de notre maison, il s’appelle COVIMA 20 et ils essaient de surmonter des difficultés pour conclure la construction d’un Centre Communautaire commencé il y a longtemps. Ce centre devrait remplir diverses fonctions, c’est pourquoi Nelly, avec quelques femmes ont réussi à motiver des hommes et des jeunes pour poursuivre le travail

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               L’accident, puis le décès de María Mercedes a secoué cette petite communauté, mais la force de l’Esprit continue de nous encourager et, avec l’enthousiasme qui caractérisait Mercedes, nous essayons de continuer dans la brèche
« passionnées par le Royaume », engagées dans la construction d’une monde plus juste, solidaire, pacifique, où de nouvelles relations seront possibles…

Mirandolina et Nelly


 

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