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2008 est une année particulière à Lourdes. Elle marque le 150ème
anniversaire des Apparitions. Des millions de personnes sont
venues et continuent de venir à Lourdes chaque année, comme en un lieu source,
pour cueillir de l’espérance ou un morceau de ciel proche de
leur vie. Ceux qui sont allés à Lourdes en témoignent souvent : leur passage
à Lourdes marque dans leur vie un avant et un après. Dans leur corps
parfois, et dans leur vie. (Jacques Nieuviarts)
Impressionnant, oui très impressionnant en ce 11 août, de voir en gare
de Lourdes arriver les trains de pèlerinage, entre 17heures et 21 heures.
De Paris, de Lille, de Normandie, de Nantes, de Lyon… Ils descendent des
trains, semblant oublier la fatigue. Des visages où se lit la bonté de ce
qui s’est déjà partagé dans le train, et la lumière qui les a saisis avant
même d’arriver en ce lieu. Ils arrivent. Et il est
impressionnant de pressentir tout ce qu’il y a dans le coeur de pèlerins
qui arrivent au lieu désiré très en amont.

Ceux qui arrivent ne viennent pas seulement de
France, mai aussi de Moscou, d’Angleterre, du Chili… demain matin aux
aurores, de Strabourg, mais aussi de Corée… Multicolores. Et disant cela,
on ne parle pas de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur pressenti…
Couleurs arc en ciel. Oui, Lourdes
Le mouvement est incessant et paisible à la fois,
à l’image du Gave qui roule une eau aux reflets tantôt gris, tantôt vert
profond. C’est vers la grotte toute proche qui surplombe la rivière que
tous, ici, sont venus se ressourcer.
Déjà, la messe de 9h30 unit dans une même prière la foule en marche
vers Marie. Dans le secret des coeurs, le pélerinage a bel et bien
commencé.
Nuit de feu Petit à
petit, les sanctuaires plongent dans l’obscurité. La pluie a cessé, une
brise tiède réchauffe les pèlerins qui continuent de se presser le long du
Gave. Devant la grotte, le buisson des cierges semble une pyramide de feu.
Juste à côté, dans les brûloirs, des centaines de flammes continuent de
porter les intentions confiées au fil des heures.

« Le Seigneur me réserve un lieu sûr au jour du malheur » (Ps 26) se
réjouissait ce matin le psalmiste dans la liturgie du jour. Ce soir, la
nuit toute entière est prière, et la grotte le plus sûr des abris. Dans toute la ville, tantôt dans un sens, tantôt dans
l’autre, se croisent les pèlerins en marche sur le « chemin jubilaire
».
14 août : Confidence - Exigence -
Confiance
Confidence
Ce matin,
cette belle confidence d’une femme qui venait dans la cité mariale pour la
troisième fois–mais pour la première fois en fauteuil roulant- a
ensoleillé ma journée : «Ici, je ne cherche qu’une seule chose : me
rendre à la grotte et me mettre en présence de la Vierge. Etre là, la
regarder, lui parler comme je parle à ma mère. J’ai tant de choses à lui
dire… Bien sûr, on peut prier Marie dans sa chambre. Mais dans cette
atmosphère magnifique de solidarité et d’amitié, il se passe autre chose.
Lourdes me remplit de joie.» Qu’ajouter de plus ?
Exigence
En début d’après-midi, une rencontre ouverte à tous les pèlerins leur a
permis de mieux connaître la vaste Famille de l’Assomption (Augustins de
l’Assomption, Petites Sœurs, Oblates, Religieuses, Orantes, Laïcs…) qui,
comme le Pèlerinage National qu’elle a fondé en 1873, souffle ses 135 bougies. Sollicité par
Pèlerin, Mgr Emmanuel Lafont, évêque de Cayenne, a osé une parole
forte sur l’exigence de fraternité des pays riches envers les pays
pauvres. «Nous vivons dans un monde où la faim touche plus d’un
milliard d’êtres humains, a-t-il rappelé. Or tant que l’on n’a pas le
désir de partager avec ceux qui ont faim, nos eucharisties sont un peu un
mensonge. Tous ensemble, nous sommes un seul corps car nous mangeons un
seul pain. C’est pourquoi m’occuper du pain de mon frère est un devoir
impérieux. Notre relation au Christ dans l’Eucharistie n’a pas de sens si
elle ne nous conduit pas à une charité plus grande envers les
autres.» Confiance
Dans la soirée, la procession mariale a déroulé à
l’infini ses flambeaux de la grotte à la prairie, de l’esplanade aux
basiliques. Vertige devant ces milliers de lumière en marche dans la nuit,
ces chants dans toutes les langues, ces hommes et femmes portant avec
confiance leur prière à Marie. «Faire un seul corps», disait Mgr Lafont. A
Lourdes, la fraternité n’est plus un mot creux.
15 août - Fête de l’Assomption
En cette journée de Fête de l’Assomption, qui se veut également Journée
de Prière pour la France et le monde, la prairie qui accueillait, à partir
de 9h30, la messe solennelle présidée par le Cardinal André Vingt-Trois
semblait avoir revêtu les couleurs nationales. Le blanc des aubes, le
rouge des K-Ways et parapluies déployés lors de brèves averses, répondait
au bleu vif des capotes des voitures des malades. Un véritable festival de
couleurs, sous un ciel qui lui aussi, nous faisait la grâce de décliner un
bleu lumineux dont il nous avait privés depuis plusieurs jours !
Croire ou pas «Je ne peux pas faire trois pas à Lourdes sans
m’interroger sur ce que je crois et sur ce que je ne crois pas» disait
François Mauriac, de passage à Lourdes en 1931. «Est-il bien raisonnable
aujourd’hui d’accorder quelque crédit à des apparitions ?» a éclaré comme
en écho Mgr André Vingt-Trois, en préambule à son homélie. Avant de
poursuivre : «Le grand miracle de Lourdes, c’est la conversion des cœurs
et le renouvellement de la vie de la foi (…). La principale vertu
miraculeuse de l’eau de Lourdes est de nous retremper dans la vigueur de
l’eau de notre baptême (…). Heureux sommes-nous, car l’apparition de la
Vierge à Bernadette est un message d’espérance pour nous tous et à travers
nous, pour l’humanité. Ce message d’espérance, le voici : la mort n’aura
pas le dernier mot.»
« Le temps jubilaire est une encoche de
Dieu dans le temps des hommes », écrivait récemment le P. Jacques
Nieuviarts dans ce blog
Ce 15 août 2008, en une matinée à la météo
très menaçante, l’arc en ciel a tracé de façon inédite le signe d’alliance
dans le ciel, ce signe que Noé (Genèse ch. 9) contempla au soir du déluge,
quand la colombe s’apprêtait à cueillir le brin d’olivier pour le lui
rapporter. Ce 15 août 2008, en la fête de l’Assomption, la nature offrait
ainsi une parure d’alliance au regard du pèlerin. Et aussi à son coeur de
pèlerin.

La nuit une fois encore s’est éclairée de mille lumières discrètes,
comme autant de répliques de la recherche et du chemin intérieurs de
milliers de pèlerins, qui ont chanté dans la nuit. L’espace de la Grotte
s’est peu animé d’une foule qui est venue là, comme aimantée par le lieu
où tout commença, et où tout continue… Une multitude rassemblée, dans un
murmure qui peu à peu s’estompe dans l’oreille et dans le coeur de celui
qui s’attarde.
Un père à genoux prie. Ses petites le
regardent et regardent la Grotte. Il y a tant
de mystère ici, qu’il gagne à l’entour, comme par osmose.
Oui, de retour, chacun
reprend ses chemins autrement. Le gave suit son cours. Mais rien n’est
plus comme avant… Ainsi la marche continue.
(extrait de http://bloglourdes2008.pelerin.info/) |
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