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Vienne Ton Règne
Etienne Pernet et
Marie-Antoinette Fage, fondateurs des Petites Soeurs de
l’Assomption
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" Petites Soeurs de
l’Assomption, nous sommes des femmes, religieuses
apostoliques, vivant en communautés souvent
internationales, selon l’intuition de nos Fondateurs Étienne
Pernet et Antoinette Fage. Habitées par l’Évangile, mobilisées
par l’urgence d’annoncer la Bonne Nouvelle et de témoigner de la
joie de croire, nous travaillons à l’avènement du règne de
Dieu et à procurer sa Gloire par le salut des « pauvres et des
petits ». |
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Histoires étonnantes que
celles d’Étienne Pernet, un rural de l’Est de la France, et
d’Antoinette Fage, ouvrière à Paris en cette deuxième moitié du
19ème siècle. Ce qui leur est commun : une recherche ardente de la
volonté deDieu, un coeur ouvert à la souffrance humaine et
spirituelle des jeunes, un amour des familles ouvrières marquées par
le « mal de la société » dû à l’industrialisation. Le fruit de la
rencontre de cet homme et de cette femme : la naissance de la
Congrégation des Petites Soeurs de l’Assomption. Tous deux sont des
passionnés du Règne de Dieu : Étienne Pernet, devenu religieux des
Augustins de l’Assomption, pressent que pour la mission de service
et d’évangélisation des familles ouvrières, il faut « une femme et
une femme religieuse ». Antoinette, femme à la foi vive, s’engage de
toutes ses forces et déploie ses qualités de coeur, d’intelligence,
d’organisation pour donner corps au charisme d’Étienne Pernet et le
transmettre aux premières Soeurs. Tous deux, dans leur
complémentarité, sont à l’écoute de l’Esprit pour répondre aux
appels apostoliques qu’ils entendent.
Aujourd’hui, dans le contexte du 21ème siècle,
habitées par l’Évangile, mobilisées par l’urgence d’annoncer la
BonneNouvelle du Christ, les Petites Soeurs de l’Assomption sont
provoquées à vivre une fidélité créatrice à l’héritage transmis.
Selon les contextes des pays, elles travaillent avec d’autres par
des actions diversifiées au service des familles ouvrières, des
personnes exclues de la société et émigrées. Leur action estmarquée
par le souci de la Paix, de la Justice, de l’Intégrité de la
Création. Le partage du charisme avec les laïcs et
l’internationalité sont des accents forts afin de « Refaire un
Peuple à Dieu » au-delà des frontières.
Marie-Claude Prat Petite Soeur de
l’Assomption
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 Les
portraits croisés de ces deux personnes nées la même année 1824 :
Étienne le 23 juillet en Franche- Comté, et Antoinette le 7 novembre à
Paris, nous montrent comment, dans le mystère de leur rencontre,
quelque chose de grand
et de durable a pu naître.
Des
parcours contrastés
Étienne a grandi dans un petit village, Vellexon,
au sein d’une famille nombreuse et chrétienne. Antoinette, elle, est
issue d’une famille parisienne au quotidien incertain, où elle a peu
reçu au niveau religieux. Les chemins vocationnels d’Étienne Pernet
et d’Antoinette Fage sont aussi bien différents. Pour Étienne
l’appel a été précoce, dès les années de catéchisme avec une ligne
droite jusqu’à la dernière année de séminaire. Tandis qu’Antoinette,
naturellement donnée aux autres avec une fougueuse générosité,
semble ne s’être vraiment posé la question de l’orientation de sa
vie qu’à l’âge de 40 ans.
Et pourtant...
Étienne devint orphelin de père à 14 ans, à la
suite d’une maladie foudroyante de Monsieur Pernet. Il était l’aîné
de cinq enfants et sa famille se retrouvait menacée dans sa vie
matérielle. Il aurait pu aider sa mère en travaillant. Cela
n’empêcha pas cette dernière, dans sa foi et sa générosité, de
l’encourager à commencer sa formation en vue du sacerdoce. À la
suite de cela et malgré les efforts d’Étienne pour aider sa mère, la
famille amorça un processus implacable vers l’appauvrissement.
Antoinette, orpheline à 13 ans, et recueillie par
une famille amie, prit son indépendance dès qu’elle le put, et vécut
de travaux de couture peu rémunérés, jusqu’à ce que, à l’âge de 36
ans, on lui propose un poste de Directrice d’un Orphelinat. Elle en
fut d’abord très heureuse, car l’amour des jeunes l’habita toute sa
vie. Mais elle n’y resta que quatre ans, car des difficultés
surgirent entre elle et les fondatrices de l’Orphelinat, et elle dut
démissionner.
Ce fut alors que…
Rejoignons Étienne sur le chemin qu’il poursuivait
, à vrai dire bien peineusement. Parvenu presque à la fin des années
de Séminaire, il le quitta, à 20 ans, et revint dans un premier
temps chez samère. Garçon sensible et conscient de ses limites, il
pensait ne pouvoir assumer les responsabilités du sacerdoce.Mais il
gardait, chevillé au coeur, le désir de se donner à Dieu et aux
autres. Comment ? Il ne le savait pas. En attendant, il devait
travailler. Il le fit d’abord dans sa région puismonta à Paris, où
il vécut un long temps de recherche de sa vocation, exprimant son
désir :
« Mon Dieu, que voulez-vous que je fasse ?»
La réponse lui fut donnée, par des intermédiaires.
Un prêtre qu’il rencontrait, décelant chez lui une vocation
sacerdotale dans un Institut religieux, l’envoya à Mère Marie
Eugénie de Jésus, fondatrice des Religieuses de l’Assomption. Cette
dernière lui fit connaître le Père Emmanuel d’Alzon qui à son tour
suscitait les Augustins de l’Assomption à Nîmes. Ils étaient au
départ voués à l’enseignement. Bientôt Étienne entra au Noviciat,
fit profession à Noël 1850 et pendant plusieurs années fut
professeur dans un collège.
Mais voilà qu’un jour, les Pères ouvrirent un
patronage pour les enfants de familles ouvrières. Il fut confié à
Étienne, qui à la vue de leurmisère reçut un véritable choc : cette
misère-là, dira-t-il, il la connaissait à peine de nom. Telle une
flèche, une intuition le traversa : il fallait faire quelque chose,
mais quoi, comment, avec qui ? Étienne sut attendre, laisser mûrir,
prier, longtemps, à Nîmes, puis à Paris où un ministère pastoral
d’écoute lui fut proposé. Ce fut sa chance, en même temps que
l’instant du passage de l’Esprit : c’est en ce lieu imprévu que sa
mission allait lui être dévoilée.
Pendant ce temps, que vivait Antoinette ?
Elle aussi attendait, conseillée par des religieux
qui la soutenaient humainement et spirituellement. Elle aussi
voulait donner sa vie à Dieu, mais dans un projet personnel précis :
vivre seule, libre, et s’occuper de jeunes filles pauvres.
N’avait-elle pas toujours vécu ainsi, entourée de jeunes ? Dans sa
générosité envers elles, la démesure l’habitait, et elle avait bien
besoin du langage vigoureux de son accompagnateur pour la ramener à
la raison, car elle y aurait laissé sa santé et son équilibre.
Ajoutons qu’elle ne se sentait pas du tout attirée par la vie
religieuse…
Or un des premiers jours de mai 1864, un
prêtre vint la voir : c’était Étienne devenu le Père Pernet, qui
venait lui demander de l’aide pour une personne de son entourage.
Comment qualifier ce premier entretien ? Nous pouvons seulement
penser que dans le silence, l’Esprit Saint passa entre le Père
Pernet et Antoinette, appuyé sur leur commune passion pour Dieu et
les pauvres. Ils surent en cet instant que leurs vies allaient
s’entrecroiser, même si les contours du « comment » étaient encore
bien flous. Étienne avait cherché et attendu, et Antoinette commença
par résister à cet appel.
Et ensuite ?
Ensuite ? Pendant un an encore il attendit, priant,
dialoguant avec Antoinette, la préparant peu à peu à unemission
qu’elle ignorait encore.
Enmai 1865, il lui offrit de l’aider à réaliser
l’oeuvre qu’il venait d’entreprendre : venir en aide aux familles
ouvrières soumises à un travail dur, souventmal logées. Car le
projet entrevu à Nîmes dans le quartier pauvre de l’Enclos Rey lui
avait donné des ailes, sa vie avait pris un sens, et il avait trouvé
sa place dans l e projet de l’Assomption. Fortement motivé, il avait
de suite perçu les capacités d’Antoinette : Dieu avait mis sur son
chemin la collaboratrice dont il avait besoin.
Hanté par la détresse de ces familles, il n’avait
cessé de chercher quelle réponse inventer face à ce mal qu’il
qualifia rapidement de « mal de l’ouvrier. » En visionnaire, il ne
cherchait pas seulement à répondre à la situation de certaines
familles, mais il percevait réellement qu’il s’agissait d’un mal
général de la société. Mal moral et spirituel aussi, car venant des
campagnes, plongées dans l’anonymat des grandes villes elles
perdaient vite leurs repères chrétiens.
Réaliste, le Père Pernet savait que seules des
femmes étaient qualifiées pour mener à bien cette action, puisqu’il
s’agissait de répondre aux besoins des mères et des enfants. Et des
femmes religieuses, appelées à soigner les malades à domicile, mais
aussi et surtout à « refaire un peuple à Dieu », dira-t-il. Ce
peuple, quimalgré les efforts des catholiques sociaux s’éloignait
inexorablement de l’Eglise.
Or voilà qu’Antoinette était entrée dans la vie du
Père Pernet. Cette femme de quarante ans déjà, comme lui, aussi
ardente que maladive, profondément croyante et TertiaireDominicaine,
se sentait à l’aise dans un accompagnement de jeunes. Et voilà qu’il
lui était demandé de prendre la responsabilité de l’oeuvre : il y
avait lieu pour elle de se récrier, et elle ne s’en priva pas.
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C’est en cet instant de leur rencontre que se joua l’avenir de
ces deux êtres, et que se décida la fondation de la Congrégation des
Petites Soeurs de l’Assomption. Car si l’intuition du Père Pernet en
fut l’origine, la réponse d’Antoinette à la demande inattendue qui
lui était faite fut déterminante.
Antoinette n’a jamais livré ce qui l’avait habitée en cet instant
où, avant de donner une réponse positive au Père Pernet, elle a vécu
un discernement l’amenant à une décision libre. Dans l’inconnu, elle
a obéi,mais comprenons bien ce terme dans ce qu’il signifie
réellement : Obéir, c’est écouter. Cette aventure qu’elle vivait est
bien de la manière de Dieu dans sa relation avec les humains que
nous sommes. Un soir, ayant quitté l’Orphelinat, elle arriva chez le
Père Pernet : « Je vous arrive, mon Père. Tout est fini, je ne
repars plus.» Tout était fini de son travail précédent, disait-elle,
et tout pouvait commencer. Tout, c’està- dire la mise en route de ce
qui s’appela modestement dans les débuts « la petiteoeuvre»,
originale et atypique dans la mentalité de ce milieu du 19ème
siècle. |
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C’est sur Étienne Pernet et Antoinette
Fage, saisis par le Christ et l’amour des
pauvres, que repose la Congrégation des Petites
Soeurs de
l’Assomption . |

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Jésus disait : "Il en est du
Royaume de Dieu comme d’un homme qui aurait jeté du
grain en terre : qu’il dorme ou qu’il se lève, la nuit
ou le jour, la semence germe et pousse, il ne sait
comment.” (Mc 4,
26-27)
L’histoire des
Petites Soeurs peut vraiment s’éclairer de cette parole de
Jésus. De cette petite semence jetée en terre par deux
personnes passionnées pour le salut des pauvres, est née une
Congrégation religieuse bien spécifique. Elle n’eut jamais
d’institutions importantes, écoles ou hôpitaux. Envoyées en
plein coeur de l’humanité, les premières gardesmalades y
découvrirent leur identité et leur mission.
Il s’agissait au début d’un petit groupe de
jeunes femmes ayant accepté de vivre ce projet du Père Pernet.
Concrètement, il s’agissait d’aller au domicile des familles
ouvrières à l’heure de la maladie en proposant de multiples
services : soin desmalades, des enfants, tenue de la maison.
Tout ceci gratuitement, vu la pauvreté des familles et
l’inexistence demesures sociales.Mais pour le Père Pernet et
Antoinette Fage, il s’agissait avant tout d’accomplir la
justice envers les pauvres, bien-aimés du Seigneur.
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Inutile d’insister sur l’originalité de cette
action, la « charité»à cette époque consistant surtout à passer dans
les familles avec des aumônes. L’objectif du Père Pernet et
d’Antoinette Fage, d’abord humain, était aussi et surtout
apostolique : annoncer Jésus Christ Serviteur et Sauveur de toute
l’humanité à ce monde ouvrier qui ne le connaissait
plus.
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"Ce qui te manque pour avoir la vie ? dit Jésus à
l’homme riche. Une seule chose : Va, vends ce que tu as,
donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis
viens, suismoi." (Mc 10,
21)
Le 17 juillet 1865, Antoinette Fage
rejoignait le premier groupe des gardes-malades dans un quartier
populaire de Paris. Commençait alors pour elles une longue période
d’incertitude quant à leur vie matérielle, et elles vécurent des
moments difficiles. Leur foi jointe à leur amour de Dieu dans la
personne des pauvres leur permit de tenir, fortes de la
reconnaissance des familles qui recevaient leurs soins.
Quand on se lance dans une action aussi originale
que radicale, on peut s’attendre à des incompréhensions. Cela n’a
pas manqué : les gardes-malades furent en butte à de nombreuses
critiques venant de personnes cherchant à les décourager.Mais elles
ont tenu contre vents et marées, et la petite oeuvre a gardé le cap,
appuyée sur la fermeté des Fondateurs et sur la certitude qu’elle
était voulue de Dieu, comme le dira plus tard le Père Pernet.
Les malades pauvres et leurs familles connurent
vite l’adresse des Petites Soeurs, et ils furent bientôt nombreux à
frapper à leur porte.
De même, peu de temps après la fondation des jeunes
rejoignirent les Petites Soeurs, plus nombreuses d’année en année.
La jeunesse n’est-elle pas attirée par la radicalité ? Car la vie
religieuse proposée par le Père Pernet était exigeante, c’était
l’alliance entre la contemplation et l’action dans un service humble
et concret habité par la tendresse du Christ. Le Père Pernet disait
:
« Peu de paroles, beaucoup d’actes. Les
sermons fatiguent, les délicatesses et les attentions d’une
charité discrète attirent et gagnent les coeurs. »
(13/11/1890)
En 1870, le groupe des Petites Soeurs arriva rue
Violet, future Maison-Mère.
La Congrégation avait dès lors pris sa vitesse de
croisière. Comme la semence dont parle Jésus, elle va se développer
au cours des années, « on ne sait comment. »
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Voilà donc le Père Pernet et Mère
Marie de Jésus embarqués dans une même tâche. Ils avaient en commun
leur fragilité : Antoinette sortait d’une lourde épreuve, et le Père
Pernet émergeait tout juste d’une longue période de recherche
anxieuse de sa vocation. Les voir tous deux se mettre à l’action
avec audace fut surprenant pour tous ! Ils avaient surtout en commun
une foi vivante et une ferme décision de servir le Christ et les
pauvres.
À vrai dire, seul le Père Pernet voyait désormais
avec clarté l’accomplissement de son intuition, possible grâce à sa
rencontre avec Antoinette Fage. On dit souvent que les extrêmes
s’attirent. Les origines et les tempéraments du Père Pernet et
d’Antoinette étaient diamétralement opposés. Lui, un rural, était un
homme sage, lent, qui prenait le temps de la réflexion tout en étant
capable d’audace.
Parisienne, Antoinette était malgré
toutes ses épreuves vive, dynamique, joyeuse, pleine d’initiative et
de sens pratique.
Responsables ensemble de la petite oeuvre qui se
développa rapidement, comment se situèrent- ils l’un par rapport à
l’autre ? Un an après lamort d’Antoinette devenue Mère Marie de
Jésus, le Père Pernet eut ce mot :
« Depuis vingt ans que nous étions ensemble
avec votre Mère, il n’y a jamais eu le moindre dissentiment entre
nous : nous n’avons toujours fait qu’un. » (16/09/1884)
En effet dès le début la confiance
s’établit rapidement entre eux. Ils était liés par un projet commun
: mener à bien ce qu’ils avaient décidé ensemble, même si pour
Antoinette cela avait représenté un véritable saut dans l’inconnu.
Tout naturellement ils se partagèrent les
responsabilités au service de la Congrégation.
Le rôle d’accompagnateur et de formateur spirituel
et apostolique revint au Père Pernet qui avait reçu une bonne
formation théologique et scripturaire. Les Petites Soeurs en
bénéficièrent, autant individuellement que collectivement, ce qui
était nécessaire dans leur type d’action.
Et Antoinette, qui avait pris le nom de Mère Marie
de Jésus ? Pouvons nous penser qu’elle vécut à l’ombre du Père
Pernet ? Ce serait compter sans sa forte personnalité. Elle sut
rapidement prendre des initiatives, se positionner par rapport à
lui, n’hésitant pas à exprimer sa pensée quand elle le jugeait
nécessaire. La correspondance entre eux se montre parfois pleine de
sel à ce propos.
Dans ses relations avec les Soeurs et les familles,
ce qu’elle avait de meilleur en elle se développa : capacité
d’écoute, de discernement, d’organisation, fermeté alliée à la
tendresse… |
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 Fondées à une époque donnée avec un
objectif précis, les Petites Soeurs poursuivirent leur route avec au
coeur l’intention apostolique du Père Pernet restée intacte au cours
des âges :
« Procurer la Gloire de Dieu par le Salut des
pauvres et des petits. »
Ce qui anime leur action, c’est l’union au
Christ Serviteur et Sauveur livrant sa vie par amour pour
l’humanité. Cet envoi aux pauvres ne peut se vivre qu’en union
profonde avec le Christ qui a un tel amour pour eux. Le Père Pernet
avait des paroles simples et fortes à ce sujet :
« Je ne cesse de vous dire de regarder
Notre-Seigneur, de vous identifier à votre modèle parce qu’on
prend facilement les habitudes des personnes avec lesquelles on
vit. » (7/06/1888)
Vivre avec le Christ, c’est aimer comme Lui d’un
amour qui l’a conduit à la Croix, offrant sa vie en s’assimilant à
tous les humains, jusqu’au dernier. La spiritualité christologique
des Petites Soeurs les situe à la suite de leurs Fondateurs au coeur
du mystère de l’Eucharistie.
« Un lien très fort existe entre notre mission,
notre vie fraternelle et l’Eucharistie. » (R.V. n°11)
Et au coeur de la vie trinitaire : la mission,
l’Eucharistie et la vie fraternelle en communauté sont les facettes
d’un seul mystère. |
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Une vie religieuse ne peut être
solitaire, et dès le début les Petites Soeurs vécurent en
communauté, selon la Règle de St Augustin choisie par le Père
d’Alzon pour son Ordre. Elle commence ainsi :
« Avant tout, vivez unanimes à la maison, ayant
une seule âme et un seul coeur tournés vers Dieu. N’est-ce pas la
raison même de votre rassemblement ? » (Règle de St Augustin
n°2)
Pour les Petites Soeurs, l’unanimité du
rassemblement dans l’amour se traduit paradoxalement par une sortie
hors de la maison pour aller vers les autres, ces deux verbes étant
constants dans le vocabulaire du Père Pernet.
Elles sortent de leurmaison pour une plongée au
milieu des petits de la société. Et elles y retrouvent le Christ
vivant, sorti d’auprès du Père comme il le dit si souvent :
« Je suis sorti du Père et venu dans le monde.
» (Jn 16, 28)
C’est ensemble, dans la force d’une vie
communautaire soutenue par la prière qu’elles reçoivent leur envoi.
Une vie communautaire certes non exempte des conflits inhérents à
l’humanité, mais toujours traversée par l’amour qui en Jésus
triomphe du mal et du péché.
« A ceci tous vous reconnaîtront pour mes
disciples, à l’amour que vous aurez les uns pour les autres.
» (Jn 13, 35)
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" Si vous vivez avec Notre
Seigneur, vous vous assimilerez à Lui, vous finirez par
penser, agir, aimer comme Lui. Il vous communiquera sa
vie."
Étienne
Pernet | |
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 Au point de départ de la fondation des
Pères de l’Assomption, existait le projet d’un rapprochement entre
toutes les classes de la société en vue de lamission. Le Père Pernet
avait reçu cette idée dans sa formation, c’est pourquoi tout
naturellement et par conviction elle s’incarna sous différentes
formes dans laCongrégation qu’il fondait.
En 1876, les Petites Soeurs surchargées de travail
demandèrent à certaines dames de la haute société de venir les aider
: elles venaient dans les familles et travaillaient avec les Petites
Soeurs en "payant de leurs personnes," comme disait le Père Pernet.
Plus tard, en 1881, le Père Pernet et les Petites Soeurs eurent
répondre à une autre question après le passage des Soeurs dans les
familles, que devenait leur action évangélisatrice ? Les Fondateurs
trouvèrent une réponse audacieuse pour l’époque en proposant des
regroupements. Les hommes d’abord, puis leurs épouses commencèrent à
se retrouver régulièrement pour partager leur vie, prier ensemble,
et recevoir une formation adaptée. Ce fut la création des
Fraternités de l’Assomption.
En ce début du 21ème siècle, elles existent
toujours, sous une forme rénovée, répondant au besoin de vivre,
laïcs et religieuses, une même spiritualité.
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 Peut-on dire que les Fondateurs des
Petites Soeurs ont été des précurseurs ? Sans doute, car si des
Petites Soeurs continuent à exercer la profession de Travailleuse
familiale, dès le début du 20ème siècle des Associations reprirent
leur action et donnèrent une existence légale à ce métier. D’autre
part, la Fraternité continue en tant que telle dans plusieurs pays.
Mère Marie de Jésus, et le Père Pernet rejoignirent la Maison du
Père, ayant accompli leurmission de Fondateurs respectivement le 18
septembre 1883 et le 3 avril 1899. L’Église a reconnu la qualité du
parcours spirituel et de l’oeuvre fondatrice du Père Pernet en le
reconnaissant Vénérable le 14 mai 1983. La petite graine évangélique
jetée en terre avait poussé jusqu’à devenir un arbre vigoureux et
fécond puisque les Petites Soeurs essaimèrent rapidement d’abord en
France puis dans d’autres pays. A lamort du Père Pernet il existait
vingtneuf communautés regroupant trois cent trente sept soeurs. Par
la suite les Petites Soeurs s’implantèrent dans les cinq continents.
L’activité apostolique des Petites Soeurs s’est réalisée d’abord
par le soutien de la famille ouvrière dans une présence à domicile.
Les multiples bouleversements de la société, surtout à partir de la
deuxième guerre mondiale, stimulèrent leur créativité. Fidèles à
leur grâce d’origine, elles restent engagées à travers des
professions sociales, de santé, l’éducation, l’action pastorale.
Dès la fondation, le Père Pernet et Mère Marie de Jésus
exprimaient leur respect envers les familles démunies, et leur souci
de justice. Selon l’invitation du Concile Vatican II, l’action des
Petites Soeurs est marquée par l’engagement pour la Paix, la
Justice, l’intégrité de la Création, sous des formes diversifiées
(aide aux réfugiés, campagnes contre la faim, économie solidaire,
etc...), souvent à la demande des personnes elles-mêmes, et de plus
en plus en collaboration avec d’autres personnes ou organisations.
Les nouvelles fondations au Congo Kinshasa, aux Philippines, à
Madagascar invitent à d’autres actions, concernant la santé (centres
médicaux ou de suivi nutritionnel), l'éducation des enfants (jardins
d'enfants, soutien scolaire…) et la formation de femmes en situation
précaire en vue d'améliorer la qualité de vie de leurs familles et
d'accéder au monde du travail… Autrement dit, tout ce qui peut
permettre à la vie de s'épanouir est lieu de mission pour les
Petites Soeurs. Le charisme du Père Pernet est aujourd’hui un
charisme vivant. La route continue, pleine de vie et d’espérance,
quel que soit l’avenir toujours imprévisible.
PROCURER LA GLOIRE DE DIEU PAR LE
SALUT DES PAUVRES ET DES PETITS
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Petites Soeurs de l’Assomption 8785 rue St
Denis MONTREAL Québec H2M IN3 CANADA psa@videotron.ca
Petites Soeurs de l’Assomption Boîte postale 1049 301
FIANARANTSOA MADAGASCAR psafiana@mel.moov.mg |
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« Faites mon Dieu que ce Feu qui est Vous nous
transforme et fasse de chacun de nous un charbon ardent. Vous
nous avez enseigné les merveilles de votre Sagesse, vous nous
avez communiqué la flamme de votre amour. Notre vie à nous doit
être celle du Christ, notre rayonnement, sa Charité. Nous
communiquerons de proche en proche la chaleur que nous
recevons, et nous arriverons à transformer ceux qui nous
entourent sous l'action du Saint Esprit. De nous-mêmes, nous
ne sommes rien. Dans l'humble sentiment de notre
faiblesse, nous deviendrons forts et puissants, des charbons
ardents enflammant tout à leur contact, des producteurs de l'Amour de Dieu.
»
Père Etienne
Pernet 1824-1899
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