Etienne Pernet
Etienne Pernet est né le 23 Juillet
1824 à Vellexon un petit village
de Franche Comté (en France), dans une famille chrétienne,
rurale et très modeste. Son père était
manœuvre agricole et travaillait comme mineur au haut
fourneau des mines de fer. Sa mère Magdeleine Cordelet
était sage femme dans le village. Etienne était
le deuxième de sept enfants dont quatre seulement
survivront.
Enfant il désirait devenir prêtre. La mort
de son père survient alors qu'il a à peine
14 ans.
Sa personnalité a été modelée
par sa mère, une femme simple très aimée
de son village .
Malgré la situation économique précaire dans laquelle ils
vivaient, sa mère n'a pas mis
d'obstacle à sa vocation et Etienne entre au séminaire.
Il a une intelligence vive et un tempérament simple
et inquiet.
Après sa première année de théologie
il laisse le séminaire pour un temps de réflexion;
il a 20 ans Pendant 4 ans il travaille comme "surveillant
dans une école".
En 1848 comme tant d'autres jeunes de la campagne il se
voit obligé d'émigrer à Paris pour
chercher du travail. Il y vit les difficultés de
tous ceux qui arrivent dans la grande ville sans expérience,
sans amis, avec la nostalgie de son pays. Désemparé,
il tombe malade. Chaque jour il va à Notre Dame des
Victoires pour demander
la lumière sur sa vocation. Il continue de s'interroger
sur ce que Dieu attend de lui, songeant à partir
en mission dans les pays lointains.
A travers une série d'événements,
il fait connaissance de Mère M.Eugénie de
Jésus, fondatrice des Religieuses de l'Assomption
qui lui propose d'aller travailler au Collège du
Père d'Alzon à Nîmes.
Ce prêtre, aux fortes convictions, et qui vient de
fonder une nouvelle Congrégation: les Augustins de
l'Assomption - l'aidera à préciser sa vocation,
lui communiquant sa passion du Christ et son amour de l'Eglise.
Il a trouvé son chemin comme Religieux de l'Assomption,
une longue étape de maturation s'ouvre pour lui.
En 1850, à l'âge de 26 ans il prononce ses
premiers vœux religieux.
En 1858, le 3 avril il est ordonné prêtre.
Il enseigne alors à Nîmes et s'occupe d'un
patronage regroupant 200 enfants de familles ouvrières.
Ecoutons-le nous raconter son expérience :
"J'ai toujours eu au cœur l'amour du pauvre ;
né dans un milieu ouvrier, mes parents étaient
paysans, j'eus déjà un aperçu ; toutefois
je demeurai peu dans la maison paternelle. En vérité
j'ai compris, ce que vous appelez "le mal de
l'ouvrier" et les remèdes qu'il fallait
y apporter, à Nîmes lorsque le Père
d'Alzon en tant qu'homme d'œuvres, était en
pleine efflorescence.
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Il m'avait confié ce fameux patronage dont on parle
encore là-bas; Dieu sait le mal que ces deux cents
enfants me donnaient le jeudi et le dimanche ! Forcément,
j'étais en rapport avec leurs parents que je visitais
aussi souvent que possible, sans leur porter, bien entendu,
aucun secours d'argent.
Je ne sais pourquoi ces pauvres gens me racontaient leurs
peines et leurs misères, les femmes de l'Enclos
Rey surtout me témoignaient grande confiance,
et c'est là surtout que j'ai vu des détresses
que je connaissais à peine de nom.
C'est donc là à Nîmes, que, tout d'abord,
j'ai eu la pensée de l'œuvre de la Petite
Sœur. En ce temps là, les fabriques
de tapis et autres, marchaient, on n'avait pas le temps
de soigner les malades qui se désespéraient;
puis, dans la famille du pauvre, comme dans celle du riche,
(mais je ne pensais pas à cette dernière),
il y a des choses à faire et à dire que l'homme
ni le prêtre ne peuvent ni faire ni dire.
Il fallait une femme, mais une femme religieuse. On parlait
bien des garde-malades de l'abbé Soulas, mais c'était
pas tout ce qu'il fallait; d'ailleurs je songeais à
d'autres ouvriers qu'à ceux de Nîmes. Je ne
dis rien de tout cela et gardai mon affaire secrète
bien des années jusqu'à l'heure du bon Dieu.
À cette heure je rencontrai votre Mère Marie de Jésus, connue à ce moment
sous le nom d'Antoinette Fage.
Voilà, c'est tout simple."
Timide, avec une santé très faible il portera
en lui douloureusement pendant 14 ans cette interrogation
:
"J'ai dû
souffrir et rudement, 14 ans pour avoir la certitude de
ce que Dieu voulait de moi"
Le 17 octobre 1863 il arrive à Paris à la
communauté de la rue François 1er.
Très simple il aborde facilement les personnes, gagne
la confiance de tous par sa bonté et sa compréhension.
Il confesse, il prêche, il visite les malades.
De plus en plus touché par la souffrance et le désarroi
des familles ouvrières, surtout quand la mère
de famille est malade, il pressent un appel apostolique,
Il songe y apporter une réponse.
C'est dans ce contexte qu'en 1864 il rencontre deux garde
malades venues lui demander du travail et quelque mois plus
tard Melle Antoinette Fage
avec qui il devient le fondateur audacieux et tenace de
la Congrégation des Petites Sœurs de l'Assomption.
En 1896, le Père Pernet demande à Rome l'approbation
de la Congrégation qu'il reçoit en 1897.
Durant toute sa vie, caractérisée par l'effacement,
il a travaillé à "refaire un
Peuple à Dieu" et à réaliser
:
" l'Unité
des esprits dans la vérité et l'union des
cœurs dans la charité"
Il meurt le lundi de Pâques, 3 avril 1899, jour anniversaire
de son ordination sacerdotale, après deux jours de
maladie.