Disciples/Apôtres du Christ dans l’Evangélisation

Si le titre de la session de formation est Disciples /Apôtres du Christ dans l’Evangélisation. La question posée ici est « Disciple du Christ c’est quoi pour moi ? ». Cette question m’invite à m’arrêter sur la dimension de Disciple alors que la dimension d’Apôtre m’est plus naturelle.

Dans ma vie professionnelle (comme travailleur social), vie communautaire, de quartier, d’accompagnatrice en ACE, ma vie est plus marquée par la relation à l’autre, le témoignage de l’amour reçu, les remises en cause pour être plus en vérité avec le Christ. Que ce soit par le charisme de la congrégation ou ma relation au Christ, tout m’appelle à être apostolique : « à aller vers ». Mais alors cette interpellation d’être disciple, pour moi religieuse, qu’est-ce que ça change ? Comment je le perçois au quotidien ?

L’une ne va pas sans l’autre. Selon les époques, les étapes de la vie, les caractères de chacun, l’accent peut être plus mis pour se sentir apôtre ou disciple. Du reste je ne saurais habiter ma vie d’apôtre, si elle n’était d’abord éclairée par la prière, la révision de vie, la relation au Christ. C’est bien en étant d’abord disciple que je me transforme pour vivre « l’aller vers ».
 
Je crois qu’en m’arrêtant sur cette question, je suis plus particulièrement invitée à prendre conscience de ma manière de vivre comme disciple. Etre disciple c’est être à l’écoute auprès du Seigneur dans la gratuité. 
J’aime regarder Marthe et Marie au service de leur Seigneur. Marthe est toute donnée dans son service, elle l’aime passionnément. Pour vouloir se donner ainsi, elle a sûrement pris le temps de se dire ce que représente le Christ dans sa vie. Marie, elle, ne peut s’empêcher de rester assise. C’est le temps de la contemplation, de la gratuité pour celui qu’elle aime plus que tout, sûre que c’est Lui qui va la nourrir pour repartir.
 
Quotidiennement, ma vie de prière est ce même espace de ressourcement, d’accueil de Dieu dans ce qu’est ma vie d’Apôtre. J’aime me retrouver à l’oratoire, en présence de la Parole de Dieu, être en silence pour relire ce qui fait ma vie apostolique. Tout comme avec notre communauté, où nous nous retrouvons, chaque jour, pour la prière commune. Mutuellement, nous nous ouvrons les unes, les autres aux cris de ce monde, par la Parole de Dieu, le chant des psaumes, ou devant la présence réelle. Ces temps nous donnent de contempler le Corps Eucharistique en y reliant la présence de Dieu et celle des hommes et femmes de ce temps. 
 
Ce soir, cette interpellation d’« être disciple » m’invite à un plus. Je me sens appelée à être là auprès du Seigneur, recevoir et boire sa Parole gratuitement. Ne pas vivre ma vie uniquement en résonnance avec l’action, mais plus me laisser interpeler dans la gratuité de la relation au Christ. Etre là, avant tout, devant lui et le laisser m’instruire dans le silence du cœur, ensuite l’autre, le frère par sa vie, me révèlera Dieu autrement, et me renverra tout autant vers la relation au Christ. C’est une invitation à garder un équilibre entre ‘ le donner et le recevoir’ de ma vie jusque dans ma gratuité au Christ. 
 
Comme les disciples au temps de Jésus, asseyons-nous dans l’herbe fraîche, laissons-nous tarauder par la faim pour qu’en nous nourrissant de sa Parole, le Christ aille jusqu’à multiplier les pains de nos vies données.
J’ai été, ces dernières années, peut-être comme l’Eglise, plus apostolique. Ma vie chrétienne se faisait dans un faire, une action quotidienne colorée par la prière. Il est bon de se laisser interpeller dans la dimension gratuite de la rencontre de Dieu.
 
En Eglise, aujourd’hui, les jeunes, les personnes d’origine étrangère, les mouvements de prière nous mettent dans ce mouvement de la relation plus gratuite au Christ. Par des temps forts, ils nous invitent plus spontanément à la contemplation. De nombreux groupes de louange, de partage d’Evangile, de prière jaillissent de nos paroisses. Cela m’invite à les regarder comme des lieux pouvant nourrir mon cœur de Disciple.
Oui, j’aime être équilibriste dans la vie. Ce soir, Dieu m’y invite en ouvrant mon cœur à devenir plus Disciple tout en restant Apôtre dans ce monde qui n’a qu’une faim, celle de plus de justice et de Paix. 
 
Sr Patricia, Petite Soeur de l’Assomption
 
 
Témoignage donné dans le cadre d’une formation sur le diocèse de Créteil Janvier 2013
17/01/2013
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