Ce que nous vivons à bord

La Communauté des Petites Soeurs de Conflans Sainte-Honorine est installée sur une péniche qui porte le nom de "Je sers"

Témoignage des trois Petites Soeurs qui vivent leur mission sur la Seine...

Voici un an que nous naviguons sur le « Je Sers ». Nous sommes nombreux à bord et beaucoup de personnes extérieures viennent bénéficier de nombreux services : banque alimentaire, vestiaire. Nous avons été appelées par la communauté des Assomptionnistes et envoyées par la Congrégation pour partager un projet commun. Il se concrétise essentiellement dans nos contacts quotidiens sur le bateau. Les sans-abris, les déplacés et les pauvres augmentent dans nos sociétés et un nombre croissant de personnes fragilisées et marginalisées arrivent sur les bateaux.
 
Voici ce que nous vivons en tant que Petites Sœurs, chacune et communautairement
 
Notre vie de Petite Sœur est faite de rencontres simples : allant du « Bonjour, comment allez-vous aujourd’hui ? » à des réponses aux demandes multiples : la lecture d’un papier, un mot venant de l’école, un coup de fil à donner, une inquiétude que l’on partage, une parole de réconfort. Etre à l’écoute de l’autre, de chacun, en ce qui concerne l’accompagnement social, les démarches administratives en vue d’une régularisation et d’une intégration dans la société.
Pour nous Petites Sœurs, nous nous retrouvons bien dans notre Charisme qu’est la Famille. Nous nous occupons de plusieurs jeunes, enfants et ados, d’où des accompagnements à l’école, une attention aux problèmes de santé, le souci de l’éducation et des relations parents/enfants.
Sur le plan des activités, nous pensons qu’apprendre et parler le Français est prioritaire et mettons en place des ateliers pratiques. Cela demande de durer avec eux, de rappeler, de solliciter…
 
Chacun s’y sent chez soi...
Il y a une bonne ambiance sur le bateau et c’est important pour tous. «  Ici, on se sent accueillis comme dans une famille » disent certains. Lorsque qu’une chose ne va pas, tout le monde le sait et nous le ressentons tous. Un projet est élaboré avec chaque famille, chaque personne. Il faut trouver un port d’arrivée, une escale possible au cours du voyage. C’est dur quelquefois de quitter le bateau, et d’aller un peu plus de l’avant, passer du logement du bateau à un autre logement, ou sur d’autres bateaux où la famille a plus d’autonomie. Le « logement tampon » est également un lieu d’accompagnement social continu.
Souvent on entend dire de la part des personnes accueillies : «  Nous sommes bien ici ». C’est vrai que l’espace de leur chambre est réduit à la grandeur d’une cabine de bateau. Il faut apprendre à vivre la promiscuité. Nous sommes souvent en prise avec la violence et les conflits, qui sont repris soit ensemble soit individuellement par les responsables qui tentent de les régler.
 
Un bateau-paroisse 
Ce qui est marquant sur le bateau « Je Sers », c’est la Chapelle, qui, dans le même alignement, est toujours ouverte ; il y a continuellement des passages de l’extérieur et toute une vie paroissiale. Chaque jour nous disons l’heure médiane. Nous avons la chance de prier les Vêpres et d’assister à l’Eucharistie. Le Bateau « Je Sers » est une paroisse très vivante, c’est là aussi que nous avons des liens avec les bateliers avec qui nous essayons de faire de plus en plus connaissance. Les appels nous permettent de faire des liens entre les bateliers et les habitants du bateau. Ce qui nous touche beaucoup aussi c’est toute cette vie relationnelle avec les bénévoles, avec des laïcs engagés au nom de leur foi. La profondeur de leur engagement est impressionnante. 
 
Notre témoignage communautaire est essentiel. Les habitants du bateau et les bénévoles nous voient comme personnes et comme une communauté. Cela nous demande d’être en vérité avec nous-mêmes et de nous donner simplement au travers de nos richesses et fragilités mutuelles. Notre personnalité nous permet de donner une couleur au Charisme, par nos dons différents.

 

01/04/2011
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