Burkina Faso : la vie comme un cadeau

« Allez partout parce que partout vous trouverez des pauvres…. »

Chers amis,
C’est avec beaucoup de joie et un grand plaisir que je viens par ce moyen vous rencontrer et partager avec vous ma petite expérience et ma découverte de la nouvelle mission à laquelle je suis envoyée et qui m’a été confiée.
 
 
Le 9 janvier, je suis arrivée au Burkina Faso, à la capitale Ouagadougou, où Maria Teresa m’attendait pour continuer le chemin ensemble le lendemain vers Bobo-Dioulasso. Après cinq heures de voyage, nous avons partagé en communauté « l’eau de l’accueil » au milieu du secteur 24. Dès mon arrivée j’ai commencé à prendre conscience de ce pays nouveau pour moi…
Même si la saison des pluies venait de se terminer (ici l’hivernage), j’ai contemplé un paysage qui prend une couleur jaune en raison du manque d’eau et de la proximité du désert. La couleur verte, c’est rare… mais le Burkina est un peuple qui ne perd pas l’espérance, comme le dit l’histoire c’est un peuple « d’hommes intègres ».
C’est une constatation de chaque jour quand on voit que les cultures, les religions se croisent avec naturel… et qu’il est possible de faire le chemin ensemble et de vivre ensemble.
 
Avec la communauté, nous avons vu les lieux de mission où je pouvais m’insérer, surtout pour pouvoir donner une réponse aux besoins et aux demandes faites par le quartier. Alors, je participe à « l’association FONISYA » en collaboration avec María José, aux assemblées de l’association et aux rencontres du bureau. Je participe aussi aux différents ateliers de l’association comme la fabrication du savon ; ici, j’apporte ce que je connais mais j’apprends aussi une nouvelle façon de faire le savon, plus élaborée. Ce temps est un temps précieux pour pouvoir connaître les femmes et je découvre une façon de faire différente de celle à laquelle j’étais habituée, et pour organiser le travail ensemble. Le sens de l’organisation est une de leurs caractéristiques…
 
Nous avons aussi monté un groupe pour préparer le travail champêtre en ramassant les feuilles des arbres et d’autres déchets, ainsi que les déjections animales, et quand la pluie viendra, nous serons prêtes pour cultiver le maïs, sans utiliser d’engrais chimiques…
Avec quelques femmes du quartier nous avons fait une campagne de sensibilisation pour l’alphabétisation, en visitant surtout des femmes musulmanes pour leur expliquer l’importance d’apprendre à lire et écrire en langue locale, le Dioula ; elles leur ont expliqué tous les avantages pour l’avenir et quelques-unes se sont motivées pour venir.
 
De plus, les Salésiens nous avaient demandé une formation pour leurs pré-novices en décoration et créativité afin d’améliorer leurs lieux de communauté et de culte. C’est un petit travail de deux heures par semaine qui me permet de connaître une autre réalité et d’apporter aussi ma contribution financière. D’autres propositions pour continuer avec le projet des enfants de la rue ont suivi... On verra. On essaie d’y aller doucement, surtout que le climat n’est pas facile et on doit s’adapter petit à petit.
Cette expérience est pour moi une expérience riche et nouvelle, je suis heureuse de pouvoir commencer à m’enraciner au milieu de ce peuple et de cette façon. C’est vrai, c’est pour moi une chance et une grâce de pouvoir connaître ce coin du monde où les plus pauvres et les plus démunis, les femmes et les enfants, sont ceux qui souffrent le plus… et je pense que c’est pour cela qu’elles désirent tout apprendre et connaître pour pouvoir aider la famille car ce sont toujours les femmes qui portent le poids de leurs enfants et de la maison. Je découvre une caractéristique très importante pour toute l’humanité… et qu’ici je trouve très évidente : c’est la liberté. C’est beau de voir qu’apparemment, ce métissage n’empêche pas de vivre ensemble et même de célébrer des mariages mixtes entre chrétiens et musulmans. C’est extraordinaire de voir que, pour prendre des décisions et conclure des accords, la présence d’un témoin suffit pour qu’on reste fidèle à la parole donnée.
 
Je suis en train de découvrir un peuple où le sceau de la confiance est gravé dans sa vie et son être, un peuple ouvert, qui vit le Don de la gratuité, du partage, de la solidarité, sans attendre de récompense. Le mot « MERCI » naît avec la personne, et depuis tout petit, ça fait partie de son vocabulaire…
… Avec ce peuple burkinabé j’apprends aussi à dire autrement merci au Dieu de la vie : « I ni ce. » (Merci)
Maria de Lurdes 
Communauté de Bobo-Dioulasso
26/04/2016
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