Brésil : Commémoration de 50 années au service de la vie

« Tu m’as séduit, Seigneur, et je me suis laissé séduire » (Jér. 20,7) Comment parler de cette merveille que d’être appelée et de se laisser séduire ? Oui, Dieu a fait pour moi et en moi des merveilles pendant ces 53 années de passion et de compassion. Qu’il bon de célébrer les actions du Seigneur à l’égard de la Pastorale des Vocations ! (Ac 1,8)

C’est avec tout le Núcleo du Brésil, après une Assemblée, que nous avons commencé ce temps de célébration au mois de février à São Paulo. On avait invité les communautés de base auxquelles nous avions participé et d’autres amis étaient là. C’était vraiment une joie d’entendre comment l’action de Dieu s’est exprimée, au long de ces années, à travers la Congrégation, à travers moi – « le Père travaille toujours. » (Jn 5,17)
 
Les 2, 3 et 4 mai il y eut un triduum et le 5 la grande Célébration dans le Minas Gerais. Ce fut le moment de goûter, déguster, entendre de la bouche même des participants leurs découvertes de la Parole, du pauvre, de la dignité de la personne, de la communauté ; cela faisait ressentir le sacré, toucher l’amour de Jésus de Nazareth, vécu pendant 53 années de consécration dans la Congrégation des Petites Sœurs de l’Assomption.
 
Je vous partage une expression qui m’a beaucoup touchée : "Avec la venue des Petites Sœurs il y a un avant et un après, nous ne sommes plus les mêmes et le quartier a changé par rapport aux choses matérielles. Cela a été comme la Pâque, le Dieu Libérateur est passé comme un rayon de lumière apporté par la Congrégation", ceci à travers chaque Petite Sœur ; certaines ont déjà vécu la Pâque définitive et les communautés ont rappelé leur nom. Cette expression venait de membres des communautés où j’ai été insérée durant 23 ans !
Il était émouvant de les entendre dire “l’invention du Père Pernet et Marie de Jésus”, ou “notre Congrégation”, cette dernière expression venant d’un membre de l’ILFA (Frères laïcs de la Famille de l’Assomption).
 
J’ai admiré leurs témoignages et comment ils avaient assimilé le Charisme, la manière dont ils avaient changé leur façon de vivre en famille, leur tendresse pour les membres souffrants de la communauté et pour les moins favorisés. Ils se rappelaient les fois où nous avions sonné aux portes demandant quelque chose pour soulager la faim des gens, et qu’à partir du jour où ils avaient ouvert leur porte pour le pauvre, ils avaient en même temps ouvert leur cœur à Dieu ; après cela, ils avaient participé différemment à la communauté de base. La même chose était arrivée en soignant ceux qui souffraient, nombreux étaient ceux de la communauté qui avaient fait l’expérience du SERVITEUR SOUFFRANT, devenant Sauveur ; ils avaient découvert une autre manière de vivre leur vie chrétienne. Il y avait eu des situations, que l’on connaissait seulement de nom, comme le disait le Père Pernet, et qui demandaient beaucoup de courage et d’amour, surtout à Rio Pequeno/São Paulo. C’est ainsi qu’est née l’équipe de soins, qui demeurait attentive à un certain nombre de situations difficiles. A Ibirité, en plus de l’attention à ceux qui souffrent, la communauté a pris à bras le corps la cause de la nature, commençant par nettoyer la ville en recueillant ce qui avait été jeté pour en faire une source de revenus pour la construction de l’Eglise et sensibiliser à un plus grand amour de la nature. Plus tard, le combat a donné naissance au Mouvement de défense de Serra do Rola Moça, que vous connaissez tous par ce qu’en a partagé la communauté d’Ibirité.
 
C’est avec plaisir que les membres des communautés se sont souvenus et ont parlé de leur découverte de Dieu, de Jésus Christ à travers les prières dites chez eux et l’étude de la Bible ; cela m’a remplie de joie car c’est une chose chère à nos communautés : le désir que le projet de Jésus Christ se poursuive à travers les communautés chrétiennes résonne toujours en nous.
 
Voici quelques-uns des mots qui ont été exprimés :
“Vous êtes pour nous présence de Dieu.”
“Une lumière sur notre chemin, qui nous aide à nous remettre debout et à reconnaître nos droits, à nous aimer davantage, à percevoir les choses, à chercher des chemins.”
 
“Vous m’avez redonné la volonté de vivre et de m’occuper de mes enfants malgré mes limites. Tout était obscur et vous m’avez apporté la lumière, l’espérance, l’amour. Vous êtes toujours demeurée à mon côté m’aidant en tout et m’amenant à dépendre de Dieu et de Notre Dame.”
 
“Le Père Pernet ne sera pas canonisé pour les miracles que l’Eglise exige, car ses miracles sont de remettre les personnes debout, de les aider à participer dans leur communauté pour le bénéfice des autres, pour les petits, à la transformation de la société. Ce sont les miracles ‘des pieds sur terre’.”
“Elles nous ont aidés à accepter le quartier comme il était, à connaître d’autres personnes à travers les temps de prière dans les maisons, à débuter notre communauté de base et à lutter pour changer nos conditions de vie : eau, électricité, égouts. Nous avons appris à aimer notre ville, à construire l’Eglise par notre propre travail ; ce furent des jours joyeux qui nous ont donné le goût de travailler ensemble.”
 
“Ce que proposent le Père Pernet et Antoinette Fage est une façon différente de comprendre l’Eglise, de faire croître le Royaume. Nous aimons beaucoup cela : cette proposition pour suivre Jésus-Christ en vaut la peine.”
 
“Vous les Petites Sœurs, vous n’êtes pas nombreuses, mais la différence que vous apportez là où vous passez est énorme, vous touchez nos existences et vous nous aidez à être entièrement chrétiens.”
 
“Il y a tant de choses à dire, mais cela devient difficile à exprimer, car parfois c’est seulement serrer dans ses bras lors des moments d’angoisse, un sourire d’encouragement dans la tristesse, une poussée en avant quand on a peur, un regard qui restaure la confiance, mais c’est cela qui nous a suffi pour continuer un chemin de vie sans nous arrêter. Personne ne l’a vu mais Dieu, Lui, sait comme ce fut bon et comment Lui nous a touchés, quel amour nous avons expérimenté.”
 
Pendant ces journées du triduum, il était très clair que les verbes : voir, entendre, connaître, descendre, élever etc. étaient présents, comme dans Ex 3,7 ...
Tout a été préparé par trois municipalités et diverses communautés de base : Betim (Jardim Teresopolis), Contagem (Agua Branca) et Ibirité où se sont déroulés le Triduum et la Célébration.
 
Quelques mots sur la Célébration :
 
La communauté de base de St Jude où elle a eu lieu, est située dans un énorme bidonville, et la grande église, construite grâce au volontariat, était comble. Le thème de la célébration était la Lumière. Chaque personne portait une bougie confectionnée par Beth, PSA qui, en dépit de sa maladie, a contribué à ce que la célébration soit pleine de lumière, rendant la vie différente.
 
Le chant d’entrée “Lumière de Dieu” a donné le ton de la célébration, le verset final étant le suivant : “Cette vie nouvelle, communion avec Dieu, que j’ai reçue au baptême, elle va grandir et me transformer jusqu’à ce que Dieu soit toute ma vie.”
Ce fut une célébration réalisée par beaucoup de personnes, dans la simplicité, la joie, la profondeur, on respirait Dieu… Il est très difficile de parler de vie, d’émotions, de passion, d’AMOUR : celui-ci était dans l’air qu’on respirait. J’étais consciente que ce Trésor est porté par un vase d’argile (cf 2 Co 12, 9-10).
 
Dans notre programme par rapport à la Pastorale des vocations, il y aura encore deux célébrations, une en juillet sur ma terre natale : Estrella d’Oeste/SP et une autre à Caruarú, toujours dans l’espoir d’être davantage connues et que, qui sait, quelques jeunes, par la grâce de Dieu, se passionnent pour Jésus de Nazareth et la façon d’en vivre dans la Congrégation.
 
C’est par quelques mots, dans ces célébrations que j’ai eu la grâce de voir que ma passion pour Jésus-Christ et la Congrégation était passée à ce peuple, par exemple : “vous êtes une femme combattante, ayant un amour inconditionnel pour Jésus et les appauvris, toujours joyeuse, et prête à chercher, avec d’autres, des changements. Une présence qui frappe par sa lumière, sa force, sa beauté, sa jovialité et sa simplicité, mais aussi capable de beaucoup d’indignation et de courage face aux injustices.”
 
Pour tout ceci je peux dire, avec tous et avec mes sœurs, "un nouveau monde est possible" et pro¬clamer à travers tous les chants que "le Seigneur a fait pour nous et en moi de grandes choses".
(Lc 1,49)
 
Hermana Ernestina 
02/12/2013
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