Association Puente de Esperanza - Madrid

Depuis que je suis arrivée à la communauté de Villaverde en septembre 2011, je fais partie de l’association Puente de Esperanza. 
Le 22 juin 2012, nous avons fêté la fin de l’année par une réunion d’évaluation et de festivité. Lors de son discours d’accueil, la présidente nous a dit :
« Puente de Esperanza est ce qu’elle est, grâce à la participation de chacune, avec ses possibilités et ses qualités. C’est une bonne raison pour dire merci à Dieu et pour nous remercier mutuellement.
Puente de Esperanza désire continuer à être ce qu’elle est : un pont d’espérance pour toutes les personnes qui nous arrivent. Et parfois il n’est pas facile de conserver et de transmettre cette espérance car les situations vécues par ces personnes sont si acca¬blantes que nous n’avons pas toujours de réponse… ou parce qu’elles dépassent nos possibilités. Mais nous sommes là et nous conti¬nuerons à chercher et à imaginer de nouvelles manières d’être utiles.
Et nous continuerons aussi à dénoncer, par notre vie et nos actes, les situations d’injustice dont souffrent tant de gens. Cet après-midi sera certainement l’occasion de réaffirmer notre espérance qu’un AUTRE MONDE EST POSSIBLE et de continuer à rêver à cette utopie. »
 
Mais qu’est-ce que Puente de Esperanza ?
 
C’est une association qui est née d’un groupe de religieuses de différentes Congrégations, et qui a démarré en novembre 2005.
 
Mais sa genèse est plus ancienne. La présence croissante d’immigrants de cultures et d’origines diverses, dans un quartier particulier de Madrid, a conduit un groupe de Congrégations, dont les Religieuses de l’Assomption, à prendre conscience de la situation et à décider de travailler ensemble dans le domaine de l’immigration en menant à bien un projet en inter-Congrégations pour répondre aux cris d’une population immigrante de plus en plus nombreuse et précaire.
Ces Congrégations ont l’intuition que l’engagement ne doit pas provenir des sœurs individuellement, mais qu’il faut que ce soit un projet de Congrégation, pour lui donner un caractère permanent, ce qui ne serait peut-être pas possible si l’une des sœurs devait changer de communauté. La Provinciale des Religieuses de l’Assomption a convoqué les Provinciales des six Congrégations de religieuses qui avaient une présence dans le district, ainsi que les Petites Sœurs de l’Assomption, qui ne sommes pas présentes mais qui avions le projet de travailler en inter-Assomption.
 
Elles ont vu qu’il était nécessaire d’avoir un lieu d’accueil où l’immigrant puisse trouver ses repères et être reconnu. Un espace physique où l’on peut venir, rencontrer des gens, avoir des contacts, se sentir en sécurité, conseillé et orienté, un lieu de rencontre, de dialogue, de relations d’amitié, où l’on peut encourager les échanges culturels etc.
 
Un projet de formation et de solidarité, dans une perspective d’intégration, qui porte sur tous les aspects et les besoins de survie, de travail, de la société et de la culture… Tout repose sur la reconnaissance de l’autre avec ses carences mais avec son bagage culturel, son identité ethnique et personnelle, dans sa différence, richesse pour vivre ensemble dans la diversité.
 
Au lancement du projet, elles ont écrit l’objectif, qui est clair et unique :
Notre attention doit être centrée sur la personne, en humanisant les situations. En voulant être signes :
  • d’unité et d’espérance au milieu de la diversité en respectant l’identité de chacune, en apportant les outils pour que toutes s’intègrent en nous enrichissant mutuellement de nos valeurs et de nos cultures.
  • de la grande famille de Dieu au milieu de la solitude et des difficultés de relation que nous rencontrons.
  • d’une Eglise qui vit la communion en partageant un même travail entre religieuses et laïcs, en mettant harmonieusement à profit nos divers dons et charismes.
  • des valeurs du Règne face à un système qui utilise les personnes pour son bénéfice matériel.
Voilà ce que veut être notre maison, ouverte à tous.
 
Les Provinciales des Congrégations se sont engagées à apporter chaque mois une contribution financière, et à garantir la présence d’au moins une sœur dans le projet.
 
Dès le départ, l’une de nos préoccupations a été d’être formées et informées, de connaître et d’être au fait des papiers nécessaires, des droits et devoirs, de la législation du travail, de la problématique de l’immigration, des grilles salariales pour le service à domicile, le ménage, la peinture-construction, les secteurs de travail auxquels peuvent accéder ces personnes selon qu’elles ont des papiers ou non.
La formation des bénévoles est l’une des caractéristiques du projet. Chaque bénévole de Puente de Esperanza est dans une démarche de formation permanente, dans le but de favoriser son intégration et son autonomie, de développer ses capacités personnelles, de connaître et d’intégrer la philosophie et les valeurs qui nous animent : accueillir, partager, sensibiliser, rendre digne, encourager.
 
A Puente de Esperanza, nous sommes mu(e)s par le désir d’écouter les cris d’une population immigrante que nous voyons augmenter en nombre et en précarité, pour soulager, dans la mesure du possible, sa situation.
  • Nous voulons être le pont qui encourage l’espérance dès qu’ils arrivent abattus, découragés, sans avenir.
  • Veiller avec soin à l’accueil et à l’attention à toutes les personnes qui arrivent au Centre, en écoutant, orientant, encourageant, c’est notre première valeur.
  • Nous sommes affecté(e)s par les problèmes croissants que rencontrent les immigrants et par le peu de ressources sociales auxquelles ils peuvent accéder pour trouver une réponse à leur situation.
  • Nous sommes mu(e)s par le désir d’une société plus juste et plus fraternelle.
  • Nous voulons être signes d’unité et d’espérance au milieu de la diversité ethnique, culturelle et religieuse, en cheminant ensemble dans l’écoute, en respectant l’identité de chaque personne.
  • Nous mettons à disposition des outils pour leur intégration et leur développement, en nous enrichissant mutuellement des diverses valeurs et cultures.
  • Nous cherchons, avant tout, le bien des autres, sans aucune discrimination de couleur, de religion, ou même de comportement.
  • Nous veillons au professionnalisme de notre travail et de notre service gratuit.
  • Nous partageons un même travail, en mettant à profit, de façon harmonieuse, les divers dons et charismes.
  • Au milieu du manque de paix qui existe dans le monde entier, nous sommes mu(e)s par la justice, l’amour, la bonté, la solidarité.
Diverses activités nous aident à atteindre les objectifs. On donne une grande importance à l’accueil personnalisé. Il y a un point d’information qui sert de référence à celui qui arrive : les papiers, les moyens de régulation (permis de travail, séjour, regroupement familial etc.). Faciliter les formulaires officiels nécessaires pour les diverses démarches administratives. Orientation vers des ressources sanitaires, éducatives, sociales, religieuses…
Conseil pour les entrepreneurs et les travailleurs immigrants pour faire les démarches qui conviennent...
 
Bourse de travail, conseil juridique, aide psychologique, cours de formation, apprentissage de l’espagnol, soin des malades, santé intégrale, couture, informatique.
 
Je participe depuis octobre 2011 à cette belle aventure. Même si je suis encore dans la phase d’apprentissage, je suis très impliquée dans l’idéal de créer un monde fraternel ouvert à tous, la Maison Commune où nous serons tous frères. J’ai beaucoup appris sur la générosité, l’abnégation et le travail en commun. Pour moi ce travail en inter-Congrégations était un défi. Ici se rejoignent l’inter et le multi. Pour être un pont, il a fallu en premier lieu consolider les piliers en me liant à celles qui travaillent à ce même objectif. Concrètement, chacune apporte ce qui est spécifique à son charisme et se laisse enrichir par les autres, puis nous essayons d’apporter cette richesse à ceux qui s’approchent.
On reçoit tant du contact avec les immigrants que je ne peux même pas énumérer tout ce que j’ai appris… Ce qui m’émeut le plus, c’est leur force de caractère dans la difficulté et leur humeur constante pour continuer… Leur grande délicatesse, le désir d’apprendre et de vivre ensemble.
 
Trois nouvelles Congrégations se sont ajoutées au cours de l’année et d’autres le feront au début 2012/2013. Nous sommes 73 bénévoles (hommes et femmes), presque 75% de religieuses (des Congrégations responsables du projet et d’autres).
 
Nous constatons que la crise actuelle nous affecte surtout pour ce qui est des offres d’emploi. Très peu viennent en offrir, et nous en trouvons peu par d’autres moyens. 20 personnes seulement ont trouvé un emploi cette année.
Nous nous posons des questions que nous vous présenterons ensuite en Conseil. En voici quelques-unes :
  • La prospection des bénévoles à partir de 17 ans et les bénévoles adultes.
  • Comment orienter la recherche d’emploi, l’auto-emploi…
  • Recherche de subventions dans des Fondations et entreprises privées.
  • Comment nous organiser, avec prudence et efficacité, lorsque nous sommes les 12 Congrégations réunies.
  • Envisager la possibilité que les laïcs gèrent l’Association, bien que les Congrégations soient un soutien.
  • Possibilité de nouveaux locaux, plus larges.
« Etre une maison, ouverte à tous, où l’on apprend des “bonnes nouvelles”, où l’on élargit la dimension spirituelle de chacun.
Un chemin vers l’utopie : elle est à l’horizon ; je m’approche de deux pas et elle s’éloigne de deux pas. Je fais dix pas et l’horizon ne bouge pas, encore dix pas en avant. J’aurai beau avancer, je ne l’atteindrai jamais. A quoi sert l’utopie ? Voilà à quoi elle sert : à avancer. » Eduardo Galeano.
 
Hermana Mila, Petite Soeur de l’Assomption
 
20/09/2012
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